Jean-Yves
Papineau
Premire
gnration
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dÕauteur :
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Montral en 1700
Les
bnficiaires des 50 Dots royales de 1698
Sur internet :
Une Histoire des Papineau
http://www.papineau-histoire-qc.ca/
Avec mes remerciements ma famille
pour leur aide et leur patience exemplaire, et tous les chercheurs et
archivistes qui mÕont guid dans ces recherches dans les vieux
grimoires et sur
lÕinternet.
Un coup de chapeau ici lÕoncle
Denis-Benjamin pour son immense travail au temps des archives
Ē papier Č et Georges Aubin pour ses magistrales
transcriptions de
lÕimmense correspondance des Papineau.
Merci bien spcial Margaret
Morrison aux archives des Deux-Svres pour son dvouement depuis la
vieille
patrie de Samuel Papineau.
copyright: jean-yves papineau 2010
ISBN XXXXXXXXX

Soldat
des
Compagnies franches de la Marine
Eugne
Leliepvre,
peintre aux armes de France,
et
Parcs Canada
afin de vivre longuement.
Le petit catchisme du Qubec de
1924:
quatrime commandement de Dieu.
Dans le monde asiatique:
Les
descendants doivent observer le culte des
anctres, indispensable pour contrer lÕerrance des esprits.
Ils
ont ainsi lÕobligation dÕaller fleurir et
nettoyer leurs tombes au moins deux fois par anne.
Dans
chaque foyer bouddhiste, un petit autel
trs color sur lequel on fait des
offrandes et o on fait aussi brler des btons dÕencens en lÕhonneur
des
anctres.
- - - - -
-
- - - - - - - - - - - -
Fort de ces deux influences quÕa vcues lÕauteur, il
est rempli dÕadmiration, de respect et de reconnaissance pour ses
anctres et
pour tous ces enfants venus de France, qui, dans des conditions
difficiles, ont
faonn le pays du Qubec.
LA PREMIéRE GNRATION
DES PAPINEAU DU QUBEC
ET
DÕAILLEURSÉÉ
TELLE QUE
DCOUVERTE
DIX
GNRATIONS PLUS TARD
EN LÕHONNEUR DU PREMIER ANCęTRE
Cet
ouvrage se veut un hommage ce jeune adolescent franais de
dix-huit ans qui, en Nouvelle-France, devint lÕanctre des Papineau du
Qubec
et de leurs descendants et cousins de par le monde.
SAMUEL
PAPINEAU
dit MONTIGNY
Venu
de France en Nouvelle-France au dpart du bourg de Montigny en
Poitou, embarqu le 21 mars 1688 La
Rochelle sur le navire "La Mareschale".
Il a
18 ans.
Samuel
Papineau,
sous le nom de guerre de Montigny, est volontaire dans
la 35e et dernire compagnie des Troupes
de la Marine, nommes plus tard Ē Compagnies
franches de la Marine Č.
Il a
guerroy pour la paix pendant dix ans sous le comte de Frontenac,
dans la valle du Saint-Laurent, depuis Montral jusquÕaux Grands Lacs.
Ė la
dmobilisation gnrale de 1698, il choisit de ne pas retourner en
France.
Il
prend racine en 1699 en obtenant du Sminaire de Saint-Sulpice,
seigneurs de lÕle de Montral, la concession dÕune terre la Ē Cte-Saint-Michel Č de
Montral o il vivra toute sa vie comme Ē habitant Č
et soldat de la milice.
Il se marie en 1704
lÕge de 34 ans avec sa voisine, veuve Catherine Quevillon.
Elle est ge de 18
ans. (on peut consulter son histoire au chapitre 1.5, page 61, Ē Les anctres de la famille
Quevillon Č).
Samuel et Catherine eurent neuf enfants et 93 petits-enfants dont la
descendance se chiffre aujourdÕhui par milliers, rpartie sur toute la
terre.
Ceci est lÕhistoire des premiers dÕentre eux.
Le site internet de lÕhistoire des Papineau du Qubec, a recu environ six mille visites, en franais et en anglais, entre 2002 et 2009. http://www.papineau-histoire-qc.ca
Il
comprend
dix
pages web, soit une par gnration depuis lÕarrive du premier
anctre,
Samuel Papineau, en 1688.
Chaque page contient : lÕarbre gnalogique des membres recenss de cette gnration, le contexte historique de la priode, les recherches et les documents iconographiques trouvs, la bibliographie et des liens avec dÕautres sites pertinents, y compris ceux des descendants des autres pionniers Papineau venus en Nouvelle-France et en Nouvelle-Angleterre au 17ime sicle.
Chaque page est base sur un canevas gnalogique document. Par contre, lÕhistoire des premiers anctres est soit vridique, soit vraisemblable. En faisant le lien entre le connu vrifiable et lÕinconnu probable, ce rcit reflte parfaitement les lments essentiels recueillis jusquÕici.
Les Papineau sont encore nombreux en France, particulirement dans les dpartements de lÕOuest.
Voir une carte des naissances de 1891 1990: http://www.notrefamille.com/v2/services-nom-de-famille/nom.asp?nom=papineau&periode=1)
Il
y
a
approximativement en Amrique dix gnrations de Papineau descendants
du
pionnier.
(En voici dix, avec comme repres, la ligne directe de
lÕauteur)
gnration 1 Samuel Papineau dit Montigny (1670-1737) qui eut au moins un frre connu.
gnration 2 Joseph I Papineau dit Montigny (1719-1785) qui eut trois soeurs et cinq frres, premire generation ne en Nouvelle-France.
gnration 3 Joseph II Papineau
(1752-1841) qui eut sept soeurs et deux frres
gnration 4 Denis-Benjamin Papineau
(1789-1854) qui eut une soeur, Rosalie P. Dessaulles, et trois
frres,
Louis-Joseph Papineau,
Andr-Augustin et Toussaint-Victor
gnration 5 Augustin-Cyrille
Papineau
(1828-1915) qui
eut quatre soeurs et trois frres
gnration 6 Joseph-Victor Papineau (1863-1942) qui eut une soeur et un frre
gnration 7 Augustin-Jean Papineau
(1888-1968) qui eut deux
soeurs
gnration 8
Jean-Yves Papineau (lÕauteur)
La gnration 9 suivante compte 17
enfants
La gnration 10 suivante compte 34
enfants
La gnration 11 suivante compte 1 enfant
LA PREMIéRE GNRATION:
Marie-Catherine
Quevillon,
1686-1781
TABLE
DES
MATIéRES
SYNOPSIS
ET
PROLOGUE
p. 12
1.0 en
lÕhonneur du premier anctre
p.13
1.1 le
dbut de lÕaventure, de Montigny La
Rochelle
p. 15
1.2 la
longue traverse, de La Rochelle
Montral
p. 25
1.3 soldat
des troupes de la marine
p. 37
1.4 habitant
et milicien la Cte-St-Michel de
Montral
p. 46
1.5 les
anctres de Catherine Quevillon p. 63
1.6 la
vie Montral au temps de Samuel et
Catherine
p. 73
1.6.2
les
Montralais de 1700
p. 78
1.6.3
quelques
familles de 1700 en 2000 p. 80
1.7 recherches, analyses, documents
1.7.0 la recherche de Samuel
Papineau p. 81
1.7.1
recherche de Montigny en Poitou
p. 94
1.7.2
apercu historique Vende-Poitou p.
105
1.7.3
des anctres Papineau huguenots?
p. 113
1.7.4
les Ē Dtachements de la Marine Č p. 125
1.7.5
lÕnigme du capitaine dÕAndrsy p.
137
1.7.6
capitaine Charles Henri dÕAloigny
p. 140
1.7.7
pilogue
p. 144
1.7.8
Annexes et documents
p. 146
A.- La
Mareschale en 1688
p.
148
B.-
Actes de la famille de Samuel
p. 153
C.-
Actes de familles relies
p. 171
D.-
Troupes de la Marine
p. 184
E.-
Cartes gographiques diverses
p. 188
F.-
Notables de Montigny au 17e sicle
p.
194
1.7.9 les Papineau de
Niort
en Angleterre et aux Etats-Unis
p. 204
1.8.0 les
Papineau
de
Bordeaux
p. 206
au
Canada et aux USA
ainsi quÕ Singapour et en Australie
1.9.0 Bibliographie
p.
212
Cet
adolescent qui grandissait dans les doux paysages de sa France
natale ne pouvait sÕimaginer que ses descendants se compteraient par
milliers
et se trouveraient trois cents ans plus tard partout dans le monde.
Comment
pouvait-il
imaginer que ses fils se rendraient jusquÕau milieu
dÕun nouveau continent, quÕun petit-fils serait appel Ņpre de la
patrieÓ et
que lÕun de ses arrire- petits-fils serait consacr par les historiens
comme
lÕhomme politique le plus marquant du Canada alors quÕun autre sera
co-premier
ministre de ce lointain pays qui inspirait ici tant de crainte?
Il
aurait dÕabord fallu quÕil traverse une mer inhospitalire vers une
contre sauvage, quÕil y survive des guerres barbares, trouve sÕy
installer, prendre pouse et fonder une famille.
Mais
non! Ė cet instant, Samuel Papineau revient tout bonnement du
march de Bressuire au pas indolent de son mulet poitevin. Il aperoit
dj les
ailes du moulin et la fume des feux de son village de La Papinire
dans le
bourg de Montigny, quand la rumeur sourde
dÕun attroupement sur la place de lÕglise lui fait dresser
lÕoreille.
Puis il entend ce roulement de tambour familier qui indique quÕil
sÕagit encore
une fois dÕune leve de soldats.
Comme
il
y a trs peu de volontaires, les recrues sont conscrites par
tirage au sort par les autorits des villes et des bourgs. Cette recrue
ira
ensuite dans les ports dÕembarquement former une nouvelle compagnie des
Troupes
de la Marine destination du Canada.
ŅEncore! Vraiment, notre cher
Intendant Poitiers exagre!
Allons voir de plus prs lequel de mes amis sera sa victime
cette fois.
Ce ne sera certainement pas moi, car 17 ans je suis encore trop jeune
pour la
recrue Ó.
Les
vnements lui fourniront bientt une rponse inattendue. Car avec
la recrue leve Montigny en 1687 pour embarquement en 1688, le jeune
fils du
marchand meunier poitevin, devient soldat des Troupes de la Marine en
Nouvelle-France sous le nom de Samuel Papineau dit Montigny. Pour fins militaires, il sÕappelle
MONTIGNY

Uniforme
et
armes de Samuel
Papineau dit Montigny
au dpart de France en 1688 dans la 35ime
compagnie des Ē Soldats
des Compagnies franches de la Marine Č.
(aquarelle indite dÕun auteur anonyme du dix-septime sicle)
Nous sommes le samedi aprs-midi 25 avril 1699, Ville-Marie, aussi appele Montral, en Nouvelle-France.
Un jeune homme de grande taille avance dans la rue encore enneige des vestiges de lÕhiver.
Il est en tenue de coureur des bois, sauf pour la tuque bleue orne dÕune ancre blanche, insigne des soldats des Troupes de la Marine.
Ė sa gauche, se profilent la silhouette du clocher de lÕhumble glise Notre-Dame et droite, la masse du nouveau sminaire des messieurs de Saint-Sulpice, seigneurs de lÕle de Montral. CÕest l quÕil a rendez-vous.


On lÕattend, car derrire la porte entrouverte, le suprieur, Franois Dollier de Casson, ancien capitaine de cavalerie devenu cur et premier historien de Ville-Marie, accueille Samuel Papineau dit Montigny et lÕinvite le suivre dans une des salles.
Des documents dtaillant les clauses dÕacquisition dÕune terre sont tals sur la table du pre conome et attendent les signatures des tmoins, le chirurgien royal, Jean de Mosny et le notaire royal, Pierre Raimbault.
Le sort en est jet, il restera en Nouvelle-France.
Il
ne
sait pas
sÕil reverra un jour sa mre, Marie Delain, veuve de son pre Samuel,
dcd
quelques annes avant son dpart. Il pense son village de La
Papinire,
(photo jyp, octobre 1998)
dans lÕantique bourg de Montigny au bord de la Svre Nantaise o, enfant, il allait pcher avec les jeunes bocains du bocage venden qui commence sur lÕautre rive. Seul, il allait plutt taquiner le menu fretin dans le Ruisseau Papinire situ tout juste devant la bourrine et le moulin vent des Papineau.
Il a quitt son Poitou natal, au royaume de France, se portant volontaire pour dix ans dans la trente-cinquime et dernire des compagnies des ŅDtachements de la MarineÓ recrutes entre 1683 et 1688 dans lÕespoir de mettre un terme aux guerres iroquoises.
En ce magnifique automne de 1687 tous les hommes du bourg sont l. Le capitaine fait battre la caisse sur la place de lÕglise.


glise St-Pierre de Montigny, choeur du 11e sicle, clocher du 19e sicle
(photos jyp, janvier 1966, mai 1998)
Le tirage au sort tombe sur son frre an qui a depuis peu charge de famille. Sans hsitation, Samuel prend tout naturellement sa place, au grand plaisir du sergent-recruteur qui cherche des soldats de grande taille pour imposer la crainte lÕennemi.
Ce jeune gant lÕair dlur fera lÕaffaire. Ce geste lui permettra toute sa vie de se dclarer firement volontaire et non conscrit comme la plupart des autres soldats de la recrue de 1688.
Le tambour continue son oeuvre dans les bourgs et villages des environs. Ė St-Andr-sur-Svre, dÕo vient le sergent Pierre Meriau dit Lapririe, du village de La Prairie, puis St-Mesmin, Pouzauges et Cerisay dont les notables se plaignent rgulirement lÕintendant du Poitou de ces leves de troupes excessives.
Pendant ce temps, Samuel va vite dire adieu ses amis.
Il passe devant le trs lgant Chteau Plessis-Batard, aussi relev sur la carte de Cassini de 1765

(photo jyp, mai 1998)
Il
continue
vers
celui de La Fort-sur-Svre.
(photo jyp, mai 1998)
CÕest un endroit doublement historique parce que dj proprit de la clbre famille du pote Joachim du Bellay. Le chteau devint ensuite proprit de Philippe du Plessis Mornay, le trs tolrant thologien huguenot, conseiller de Henri IV alors roi de Navarre, et surnomm au Poitou: Óle pape des huguenotsÓ.

Henri IV et Philippe Duplessis Mornay,
tableau de Kauffman, vers 1780
De l, Samuel poursuit jusquÕ la ville-march de Bressuire, domine par son norme chteau, o il se rend tous les jeudis pour le commerce familial, et chaque anne, pour la foire de la Saint-Jacques qui attire aux halles et au foirail du march bestiaux les marchands et les forains de toute la France.
Il faut bien une journe entire dos de son mulet poitevin pour tous ces au revoir et pour couvrir dans lÕair enfum les cinq lieues de ce priple par les chemins creux et les sentiers bords dÕajoncs et de gents que les paysans font brler pour enrichir leurs maigres terres.
Puis il dit bien bravement adieu la famille. Sa mre lui rappelle une dernire fois en ŌparlangeŌ vendenne le pome du retour au pays natal de Joachim Du Bellay: ŅTchao qui sÕest teurvir dans le quatrÕcoins dÕla terre (qui se taduit)....Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyageÓ ...en esprant que son benjamin, Samuel, tout comme le pote, reviendra bientt au pays natal.
Il se souvient ensuite de la marche force de la petite troupe vers le sud travers les collines du bocage venden, parfois ralentie, car dans plusieurs bourgs sÕajoutent de nouvelles recrues. Il arrive parfois que le sergent-recruteur doive rcuprer le jeune conscrit dans les auberges qui avaient prolifr dans les villes-relais.
Pour la premire fois, il voit La Chataigneraie, puis Fontenay-le-Comte, la ville martyre des dernires guerres de religions. De l, on descend doucement vers les marais poitevins quÕavec lÕaide des Hollandais on sÕvertue reconqurir sur la mer. On traverse Maillezais dont la grandiose abbaye se dcoupe sur le ciel bas dÕoctobre, clbre par Rabelais qui fut pendant trois ans le secrtaire du seigneur-vque Geoffroy dÕEstissac. Puis on vire lÕouest vers la mer pour rejoindre Marans dont la quitude inspira en 1583 les lettres du Vert Galant, Henri IV, sa maitresse, la Belle Corisandre, Diane dÕAndouins.
On y traverse gu la Svre Niortaise pour ensuite mettre le cap sur le pays charentais et la nouvelle ville fortifie de Rochefort que le grand Colbert avait fait lever lÕintrieur des terres en 1665 pour mettre la cte atlantique lÕabri des Anglais qui dvastaient Brest et La Rochelle.

Port de Rochefort vu du magasin des colonies (dÕaprs Joseph Vernet, 1762)
CÕest l que les vieux dragons des glorieuses guerres de Louis XIV commencent inculquer cette troupe disparate la discipline militaire faite dÕexercices, de parade et de maniement dÕarmes en formation range. Tout cela rpugne ces jeunes, par tradition la fois indisciplins et dbrouillards. On est bien loin de lÕembuscade efficace et de la chasse fine pratiques dans leurs landes.
Il nÕest pas non plus trs facile pendant ces mois de prparation la grande traverse de matriser la langue franaise, dornavant impose tous ces jeunes, pour la plupart analphabtes, venus de plusieurs provinces franaises, chacun avec les mots de son coin de pays. Samuel constate quÕen majorit, ils sont issus des provinces de lÕouest, Bretagne, Anjou, Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois, et quÕils ont en commun le mme accent la fois chantant et rocailleux. Ceux des provinces centrales et de Paris trouvent bien amusants les mots du cru: baiser pour tromper, garocher pour lancer, btises pour injures, galipote pour sorcellerie, jolis mots quÕils embarqueront avec eux vers la Nouvelle-France.
Aux brefs moments de libert, la recrue flne sur les quais de Rochefort sous lÕoeil moqueur des jeunes filles attires par lÕuniforme.
Il est blanc bordure bleue, garni de boutons dors. Il est agrment du tricorne noir orn de lÕancre blanche et bord dÕun galon dor, semblable la coiffure traditionnelle de Caudebec en Normandie.
Mais 18 ans on est bien jeune pour sÕattendrir longuement la vue des soubrettes aguichantes ou pour admirer la douceur des paysages bucoliques, surtout quand on se pavane en uniforme en parlant de navires, de canons, et dÕaventures dans lÕinconnu dÕau-del des mers.
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Troupes de la Marine lÕembarquement Rochefort vers 1757. (detail) (Eugne Leliepvre, peintre aux armes)
Finalement, arrive le navire le Soleil dÕAfrique, venu prendre le grement militaire et les munitions la redoute de Rochefort. Ce btiment de guerre aura deux ans plus tard une carrire glorieuse pouchasser les anglais la Baie dÕHudson, sous le commandement de Lemoyne dÕIberville.
Lourdement charg et hl par les soldats, le navire sort prudemment de la Charente. Il passe devant le Fort La Pointe et le bien nomm Moulin de LÕEsprance et le Fort Vauban Fouras, en face de lÕIle dÕOlron, o il prend les officiers.
Sont prsents les cent cinquante soldats et la vingtaine dÕofficiers des trois compagnies de la Ņrecrue de 1688Ó et les soixante-quinze remplaants pour ceux qui sont rentrs en France, qui ont t tus au combat, ou qui se sont maris l-bas.
La mareschale aussi remonte vers La Rochelle prendre des munitions, des marchandises et les victuailles pour une traverse estime durer deux mois.
Il y a l en rade une petite escadre groupe autour de La Diligente, lÕancienne frgate du roi de 250 tonneaux, affrte par la Compagnie de lÕAcadie et manoeuvre par 27 hommes et trois mousses sous le commandement du capitaine Jean Durand. On a la plus grande confiance en lui car il a dj fait la traverse vers Qubec chaque anne depuis 1682 et dÕailleurs la fera sans arrt jusquÕen 1698. LÕanne prcdente, en 1687, il avait guid la traverse de 16 Compagnies de la Marine dont les 900 soldats et officiers venaient prparer le retour de lÕancien gouverneur de Qubec, Louis de Buade, comte de Frontenac, que le roi jugeait seul capable de faire de nouveau la paix avec les Cinq-Nations iroquoises et peut-tre aller enlever Boston et Manhatte (New-York) lÕAngleterre.
Il y a donc aussi en rade: Le Soleil dÕAfrique, construit Rochefort en 1681, du capitaine Delorme; Le Nom-de-Jsus, de 100 tonneaux, du capitaine Nicolas Blacquebot; La Franoise, de 80 tonneaux, du capitaine Jacques Pruneau; Le Dragon, de 80 tonneaux, du capitaine Nicolas Nol.
Cette illustration de Cassini dÕun navire de 104 canons, date de 1693 permet dÕen comprendre lÕamnagement.

Il y a enfin ŅLa mareschaleÓ, navire de 300 tonneaux, construite en Hollande douze ans plus tt, appartenant Richard Massiot, de La Rochelle, commande par le capitaine Jean Guillot second de 33 hommes.
On trouvera en annexe des documents trs rares retrouvs en 2002 aux archives de lÕAmiraut Larochelle, quatre manuscrits vieux de plus de 300 ans, ici retranscrits par lÕauteur, donnant lÕorigine du navire, la composition de lÕquipage et la description du chargement lors de la traverse de 1688.
Il
ne subsiste malheureusement aucune archive des manifestes
et
des Ē rolles dÕembarquement des soldats Č
des 35 compagnies
des Troupes de la Marine parties pour Qubec entre 1683 et 1688.
Le
seul Ē rolle de
soldats Č trouv ce jour se rapporte une compagnie
embarque sur le Saint-Franois destination de
Plaisance, la capitale franaise de Terre-Neuve.
Navire
de
300 tonneaux, construit en Hollande vers 1675. (un navire
hollandais semblable, peint par Van De Velde, au Rijks museum
dÕAmsterdam)
CÕest sur cette ŅMareschaleÓ que sÕembarque Samuel Papineau dit Montigny avec les cinquantes hommes de la compagnie du chevalier dÕAndrsy.
On y a entass un total de 225 soldats et marinss.
On compte aussi quelques navires des marchands de Bordeaux et de La Rochelle qui par ŅOrdre du RoiÓ doivent traverser en convois comme protection contre les pirates. Ces navires plus lents comprennent un contingent de colons et dÕengags, appels Ōles trente-six moisÕ, dure de leur contrat notari avec des marchands, des bourgeois ou des communauts religieuses de la Nouvelle-France.
Il y a aussi un joyeux groupe de jeunes filles. Elles suivent les traces des pionnires de 1668, des filles souvent orphelines et des femmes ayant reu une dote du Roy, toutes parties comme futures pouses pour les nombreux clibataires de la Nouvelle-France, suite lÕimplantation des militaires des rgiments Carignan-Salires.
Sur chacun des navires de la Marine royale se trouvent aussi, selon les Ordres du Roi, un commandant des canonniers, un aumnier, un chirurgien et un ŅescrivainÓ.
CÕest lÕcrivain, un poste prestigieux, qui consigne les faits et documents du voyage pour lÕAmiraut. Ainsi il a inscrit, de sa plus belle plume, le rolle de lÕquipage ainsi que lÕinventaire du chargement de ŅLa MareschaleÓ, dont copie sera remise lÕAmiraut de La Rochelle au dpart, et lÕAmiraut de Qubec lÕarrive. Il fait de mme le Ņrolle des soldats qui composent la recrue embarque sur le vaisseau la mareschale pour la garnison de qubecÓ.
Y figurent: le nom du soldat, sa paroisse dÕorigine, son ge, sa taille, la couleur de son poil, le nom de ses pre et mre et sa profession, sÕil en a une. Malheureusement ces documents nÕexistent plus.
Avant que ŅLa MareschaleÓ ne lve lÕancre, lÕcrivain est pris dÕassaut par les nombreux voyageurs qui, ne sachant crire, viennent lui demander furtivement de rdiger une dernire missive la famille ou un tre cher quÕils ne sont pas certains de revoir un jour.
LÕaumnier, pour sa part, consulte le manifeste dÕembarquement pour y dbusquer les malfrats et ceux de la religion prtendue rforme, ainsi quÕon nomme les huguenots calvinistes, qui le roi a interdit de traverser en Nouvelle-France, sinon aprs avoir abjur et fait trois ans de probation dans un port du littoral. Si un sujet chappe sa perspicacit, il sÕen rendra vite compte aux offices religieux pendant la traverse et sÕappliquera le convertir avant lÕarrive Qubec, ce qui est relativement facile car lÕalternative sera le retour par le premier navire et lÕarrive, la prison ou la marche force jusquÕaux galres royales de Marseille.

LaRochelle au 17e sicle. Muse du Nouveau Monde, LaRochelle

La Rochelle
vers 1750, peinture de Joseph Vernet
Au signal dÕun coup de canon, les premiers navires lvent lÕancre avec la mare du 21 mars 1688. Les voyageurs regardent une dernire fois les trois tours de La Rochelle sÕestomper au soleil levant pendant que les matelots sÕaffairent hisser les voiles pour prendre le vent du large. Pour les nouveaux militaires et les canonniers il nÕy a pas de temps pour sÕattendrir. La discipline sÕinstalle srement chez les jeunes recrues, faite de leons et dÕexercices dÕabordage, de combats de corps corps lÕpe et de pratique de tir du canon du navire contre les attaques possibles des forbans. La mer en est infeste car ils sont financs par les marchands anglais qui, en dpit de la paix ngocie par Louis XIV avec son ami le roi dÕAngleterre, le catholique Jacques II, envoient leurs navires en course pour attaquer et piller sans vergogne les navires franais et les lourds galions espagnols chargs des richesses du Nouveau-Monde.

Le canon du dpart,
Van de Velde, Rijks Museum, Amsterdam.
La traverse est particulirement longue et pnible. Parmi les nombreuses victimes de la fivre pourpre, du scorbut et du typhus, on compte le chevalier dÕAndrsy, le capitaine qui a recrut la compagnie de Samuel Papineau Montigny. On pense quÕil est fils dÕune grande famille de Saint-Germain-en-Laye, qui, en lui obtenant ce commandement, esprait quÕil trouverait gloire et fortune dans le Nouveau-Monde. La crmonie funraire se rpte plusieurs fois. Le corps est enferm dans un sac taill dans un rebut de la grande voile, lest dÕun boulet de canon. On le laisse glisser la mer aprs le chant solennel du Libera et une salve de mousquet pour un matelot ou un soldat et le tir du canon pour un officier.
Les deux autres compagnies de la recrue de 1688, commandes par les capitaines De Beaugy et De Gallifet, subissent aussi des pertes et mme les plus costauds, pargns par lÕpidmie, souffrent horriblement du mal de mer.
Le convoi progresse lentement, les navires mieux carns et plus rapides tant obligs dÕattendre les navires marchands. Ils arrivent finalement sur les grands bancs de Terre-Neuve. L, se droule la traditionnelle initiation au Nouveau-Monde par lÕimmersion de quelques soldats et passagers dans une grande cuve dÕeau glace et autres facties prsides par un matelot dguis en dieu Neptune, le tout au grand dpit de lÕaumnier.
Ė la Saint-Jean, on traverse les Grands-Bancs et on aperoit enfin avec soulagement la cte inhospitalire de Terre-Neuve. Les chaloupes vont refaire le plein dÕeau potable, de bois pour la cuisine, et dbusquer quelque gibier pour faire oublier le biscuit avari et le poisson.
Puis en suivant prudemment La Diligente du capitaine Durand, par petites bordes et pouss par le reflux de la mare, on remonte le majestueux fleuve St-Laurent, dcouvert en 1535 par Jacques Cartier de St-Malo.

Aprs plusieurs jours de navigation hasardeuse ŅLa MareschaleÓ arrive enfin Qubec o elle jette lÕancre la mi-juillet devant ce promontoire que lÕon dit inexpugnable.

carte de Franquelin.
Voil la vue de son nouveau pays quÕaperoit le soldat Montigny lÕapproche de Qubec.

La
ville
de
Qubec en 1688, Archives du Sminaire de Qubec,
d'aprs la carte de Franquelin.
Aprs
les
crmonies
du dbarquement en la prsence du gouverneur Denonville,
lÕintendant
Champigny constate dans un rapport Versailles:
*
(QUBEC) 6 NOVEMBRE 1688
ŅTOUT CE QUI A EST ENVOY DE FRANCE EST ARRIV EN BON ESTAT ET BIEN CONDITIONN.
MAIS LE NOMBRE DÕHOMMES A BIEN DIMINU,
CAR DE 225 QUI ESTOIENT DANS
LA MARESCHALE IL EN EST MORT.
LE SR. DANDRESY CAPÕNE EST DU NOMBRE.
ILS ONT DONN SON EMPLOY AU SR. DE LA GROYE, LIEUTENANT QUI EST UN FORT HONESTE GENTILLHOMME ET QUI A BIEN SERVYÓ
La compagnie orpheline a donc un nouveau capitaine, Charles Henri dÕAloigny, fils du marquis de la Groye, de Ingrandes prs de Chatellerault en Poitou, donc Ņun paysÓ pour Samuel. Il lui restera attach jusquÕ sa mort, survenue en retournant en France sur le Saint-Jrme qui sombre lÕėle-de-Sable en 1714, avec seulement deux survivants recueillis par une chaloupe venant de Boston.
Le marquis de la Groye, titre de noblesse obtenu aprs le dcs de son pre et de son frre, se fera un devoir dÕassister aux mariages et aux baptmes des enfants de ses anciens officiers et soldats, ce qui permet de reconstituer une bonne partie de la compagnie originale de 1688.
Voici lÕglise trois cents ans plus tard.

Aprs quelques jours de repos, ils quittent regret le raffinement et la scurit de Qubec. La troupe prend immdiatement la direction de Montral menace par les bandes iroquoises.
Ce sera un voyage dÕune semaine pour remonter le vaste fleuve, soldats, officiers et matriel entasss dans des barques plates et de frles canots faits dÕcorce de bouleau.
Cette grande nature leur semble remplie de prils.
Ils apprhendent tous que seront encore bien plus prilleuses les prochaines annes.
1.3 Samuel,
soldat des Troupes de la Marine,
de 1688 jusquÕ
1698
Voici quoi pouvait ressembler le soldat ŅMontignyÓ.

Soldats des Troupes de la Marine,
en campagne et la parade (Francis Back et Michel Ptard).

et en uniforme dÕhiver. (R.J. Marrion et Francis Back) Parcs Canada
Les marchands anglais et hollandais de New-York, voulant tendre leur ngoce de la fourrure vers les Grands Lacs, arment les tribus iroquoises qui vivent le long de la rivire Mohawk (dans lÕextrmit nord de lÕactuel tat de New-York) pour attaquer Montral.
Les expditions ineptes des deux gouverneurs De la Barre en 1683 et De Nonville qui se saisit des ambassadeurs onnontagus pour les envoyer aux galres royales de Marseille, unissent les Cinq-Nations de lÕIroquoisie contre la France.
Le rsultat sera le dsastreux massacre de familles entires, tues ou enleves, et la destruction de 56 habitations Lachine, sur lÕle de Montral, dans la nuit du 4 au 5 aot 1689.
Les compagnies sont dployes en vain contre les attaques sournoises qui ne donnent aucune prise la riposte et les officiers comme les soldats apprennent vite les rgles impitoyables de la guerre en ce pays.
Et enfin la rumeur entendue Rochefort se confirme: lÕancien gouverneur Frontenac revient prendre les choses en main.
Ds son arrive, il se prcipite vers Montral avec toute la troupe, bien dcid dompter la Nouvelle-Angleterre et ainsi regagner lÕappui des Iroquois.
Mais un messager vient lui annoncer quÕune flotte importante arrivant de Boston remonte le Saint-Laurent pour attaquer Qubec. En mme temps, une arme dirige par Winthrop venant de Manhatte et sÕavanant par le lac Champlain est heureusement dcime par une pidmie, puis disperse.
Frontenac part vite vers Qubec organiser la dfense de la citadelle.
Frontenac,
Louis-Philippe
Hbert
On espre que ce fait dÕarmes clatant de 1690 du comte de Frontenac sur lÕamiral Phipps inspirera de nouveau la Nouvelle-Angleterre le respect.
Il nÕen est rien.
Les troupiers auront vite fait de revenir Montral car les annes suivantes, les troupes doivent faire des raids vengeurs sur la Nouvelle-Angleterre et repousser ses incursions comme La Prairie-de-la-Madeleine o elles livrent une bataille dcisive contre les troupes du major hollandais Schuyler de Fort Orange (Albany) en 1691.
Reste faire la paix avec les Iroquois dont les attaques ont entrav les semailles de 1691 et 1692, et reprendre les autres forts des Pays-dÕen-Haut abandonns par le gouverneur De Nonville.
Frontenac avait toujours dfendu lÕimportance dÕune place forte pour donner accs au lac Ontario. Ė lÕencontre des ordres de Versailles, il envoie donc quelque sept cents hommes reconstruire le Fort Cataracoui, heureusement peine endommag par la dmolition de 1689. Ils remontent le Saint-Laurent ds le printemps de 1695 sur les bateaux plats construits pendant lÕhiver de 1693.

Eugne Leliepvre, peintre aux armes de France,
et Parcs Canada

Fort Cataracoui construit par Cavelier de La Salle en 1673, puis nomm Fort Frontenac en 1674 en lÕhonneur du gouverneur qui lui avait accord cette seule seigneurie dans lÕOntario dÕaujourdÕhui. Il faut dire que Frontenac tait son partenaire dans la traite des fourrures, incartade qui lui a valu son rappel en France.
Cette mission de 1695 sous le capitaine De La Groye sera la premire incursion de Samuel Papineau dit Montigny dans ces contres, que lui et ses descendants traverseront souvent et plus tard peupleront en grand nombre.
Un de ses arrire-petit-fils, Denis-Benjamin, sigera comme dput de lÕOutaouais et ministre, puis co-premier-ministre dans le gouvernement du Canada-Uni Kingston, ancien fort Frontenac, qui sera le sige du parlement de 1842 1847.
LÕexpdition de 1695 est sous la direction du marquis de Crisafy et comprend la compagnie du capitaine de La Groye, dont fait partie Samuel, ainsi que des militaires de premier plan comme De Noyan, La Vallires, Maricourt et Linvillier. Ds aot 1695 ils sont de retour Montral aprs avoir laiss une garnison de 48 hommes (dont, possiblement, Samuel) et sans avoir rencontr un seul ennemi.
LÕanne suivante, le comte de Frontenac, en dpit de son ge avanc, dirige personnellement une expdition forte de 2300 hommes tirs des 28 compagnies de la marine, des milices canadiennes et des allis indiens. Ils dtruisent plusieurs villages iroquois situs dans lÕactuel tat de New-York, reprennent en entier les anciens forts et russisent rapatrier un grand nombre des otages franais et amrindiens.
Samuel Papineau ne peut se douter que parmi ces otages se trouve sa future pouse Catherine Quevillon, enleve en 1693 avec sa mre Jeanne Hunault. Il sÕy trouve aussi Pierre Laurin dit Lachapelle, qui deviendra capitaine de milice de la Compagnie-du-Bot-dÕen-haut, du Saut-au-Rcollet, et qui sera son tmoin son mariage en 1704.
La paix de Ryswick mettant fin la guerre de 1692 1697 de la France contre la Ligue dÕAugsbourg sera connue avec retard en Nouvelle-France.

Signature du trait de Ryswick en 1697.
(gravure dÕpoque)
La colonie comme la mre-patrie connatront un bref interlude de paix jusquÕ la guerre pour la succession au trne dÕEspagne, qui de 1702 1713 unira contre Louis XIV des allis contre nature comme lÕAngleterre, la Hollande et lÕEspagne.
Mais pour un moment, Boston, Manhatte (New-York), Orange (Albany) et Corlar (Schenectady), bases des Anglais et des Hollandais, ne pourraient plus attaquer ouvertement ni Qubec ni Montral, ce quÕils ne se privent pas de faire par Iroquois interposs dans les avant-postes des Grands Lacs.
Le prestige de Frontenac, qui sÕteint Qubec en 1698, et de son successeur, le chevalier de Callires, amne finalement les Cinq-Nations demander la paix.
Aprs de longues ngociations, est signe en 1701 la grande paix de Montral ou paix de Callires en prsence de tous les notables, des officiers et des soldats en grande tenue et des chefs de 37 tribus venus dÕaussi loin que lÕIllinois et le Mississipi.
Le 300e anniversaire en a t clbr Montral en 2001.
Une
paix
relative
et la prosprit tant en voie dÕtre rtablies dans les
villes et les
campagnes, lÕintendant Champigny est autoris par lÕordonnance royale
du 21 mai
1698 acclrer la dmobilisation des soldats des Troupes de la Marine
qui
veulent rester au pays. (On trouvera lÕ annexe B.0.- la transcription
de
lÕordonnance royale permettant la dmobilisation et copie de lÕoriginal.
La plupart des soldats des 35 compagnies des Troupes de la Marine, plus tard ramenes 28, qui avaient entre 16 et 24 ans leur arrive entre 1683 et 1688, prendront racine dans le pays quÕils ont si chrement dfendu. Louis XIV et Colbert avaient donc vu juste et porteront toujours une attention affectueuse leurs jeunes sujets.
Le roi leur accordera une dot royale et le titre Ē dÕhabitans Č, qui deviendront en quelque sorte leurs lettres de noblesse. Il ordonne en mme temps aux dtenteurs des seigneuries de leur concder des terres des conditions favorables.
CÕest ainsi que les seigneurs de Saint-Sulpice, propritaires de lÕle de Montral, ouvriront une nouvelle concession la Cste St-Michel en 1699 pour les accueillir.
En homme avis, Champigny sait trs bien que tous ces soldats clibataires ont besoin dÕpouses pour se fixer sur les terres concdes par les seigneurs.
Sans compagne pour les retenir, ils partiront faire la traite des fourrures comme coureurs des bois, ce que le roi a formellement interdit.
En bon gestionnaire, il dcide aussi de combiner le budget accord par le roi pour doter 60 filles, raison de 50 livres pour chacune, avec la prime de dpart des soldats qui consiste en une anne de solde, son uniforme et son fusil.
Champigny fait rapport Paris en ces termes: Ņtat de
la distribution de trois mille livres accordes par le Roi en lÕanne
1700 pour
doter 60 filles raison de 50 livres pour chacune.Ó
Contrairement la croyance populaire, ces filles ne sont pas des ŅOrphelines du RoiÓ aussi appeles Filles du Roi, venant de France, mais comprennent exclusivement des femmes nes en Nouvelle-France. Plusieurs sont veuves des guerres iroquoises, certaines avec de nombreux enfants. DÕautres reviennent de captivit.
Samuel, ŅvolontaireÓ ou Ņcoureur des boisÓ
Au terme de son engagement de dix ans en 1698 et fort de sa connaissance du pays quÕil a parcouru plusieurs fois, Samuel veut connatre la vie aventureuse et souvent lucrative des coureurs des bois.

(Suzor-Cote, 1907)
Il perd ainsi la solde de six sols par jour que le roi accorde pendant une anne ceux qui restent au pays pour se marier, soit une perte dÕenviron cent livres, bien compense toutefois par les fourrures rcoltes avec ses amis.
Cet hiver pnible pass aux confins de ŅLa Grande RivireÓ, aussi appele rivire des Outaouais, lui a fait raliser cependant combien il a gard de son enfance la nostalgie de la vie plus sdentaire de ses pres poitevins.
Plusieurs
de
ses
meilleurs compagnons dÕarmes viennent tout juste de se marier avec
des
Canadiennes qui lÕintendant Champigny a remis aussi la dot royale de
cinquante livres: Jean Pouget dit
Grisdelin, tambour de la compagnie de De La Groye, venant de
Villamblard en Prigord, mari veuve Marthe
Brassard et
qui se sont tablis la Cte-St-Michel. Pierre Cardinal de
Fontenay-le-Comte
en Vende et veuve Marie-Anne Thuillier se sont fait concder une terre
par les
sulpiciens Rivire-des-Prairies, sur le flanc nord de lÕle de
Montral. Ils seront tous deux les tmoins de Samuel son contrat de
mariage le 6 juin 1704.
Leur
an, Pierre Taillefer, du Calvados en Normandie, est aussi l avec
Jeanne
Huneault dit Deschamps, veuve de Adrien Quevillon tu en 1693. Jacques
Hrich
dit Louveteau, de Louvetot prs de Rouen, a mari veuve Marie Geoffrion
et ils
se retrouvent bientt aussi la Cte-St-Michel.
Ensemble, ils convainquent leur ami Montigny de rester au pays, lui promettant mme de lui trouver une pouse sa mesure.
Et cÕest ainsi quÕil se trouve chez les seigneurs en ce printemps de 1699.
Samuel, "habitant" censitaire
Le jeune homme pose son paraphe sur le document, car il ne sait pas signer, et devient ainsi propritaire dÕune terre de soixante arpents la Cte-St-Michel en lÕle de Montral, sujet toutes les charges, quand mme trs lourdes pour un militaire devenu censitaire, et Ņfoi et hommageÓ aux seigneurs Sulpiciens.
Ce jour-l, le 25 avril 1699, aprs onze ans et quatre jours de son depart de France, avec Samuel Papineau dit Montigny sÕinstalle dfinitivement lÕpope des Papineau dans le Nouveau-Monde.
Ds ce premier t, Samuel sÕattaque vaillamment au dfrichement de sa terre comme prvu au contrat, sme lÕessentiel pour la saison et mobilise la corve des voisins pour lever la maison en bois pice-sur-pice selon la mode du pays, car on a vite appris que la maison en pierre ne convient pas aux rudes hivers canadiens.

Maison typique dÕun habitant,
Ņfaite en billes de bois quarries, jointes et
relies queue dÕaronde, style dit Ņpice sur piceÓ.
Ė lÕt, il apprend quÕun lointain cousin, Louis Papineau dit Deslauriers, de la branche des Papineau de Niort, nouvellement arriv et guerroyant dans la compagnie de monsieur de Longueuil, a t tu au combat lÕge de 24 ans et enterr au mois de juin 1699.
Ces premires annes sont dÕune difficult inoue, les travaux faits force de bras car ils nÕont pas encore le cheptel, le boeuf ou encore moins le cheval pour tirer une charrue. La pioche, la serpe, la fourche et leur vaillance sont les outils des soldats devenus habitants. Comme propritaires de leurs terres, ils revendiquent firement comme une lettre de noblesse ce titre dÕhabitant que le roi leur a confr par lÕordonnance du 21 mai 1698 et ils considrent le mot paysan comme une insulte.
Les nouveaux concessionnaires ne sont pas totalement dpourvus. Pendant leur service militaire, les soldats logeaient chez lÕhabitant o, contre les travaux aux champs, ils pouvaient arrondir leur maigre solde. CÕest trs souvent parmi les filles de leur hte ou de ses voisins quÕils ont trouv une pouse lors de la dmobilisation.
AujourdÕhui, ils continuent de contribuer la dfense du pays car chaque homme de seize soixante ans doit obligatoirement avoir chez lui un fusil et, une fois par mois, se prsenter la compagnie de milice de sa paroisse pour faire lÕexercice.

CÕest ainsi que Samuel retrouve rgulirement ses voisins, les gants de la Cte-St-Michel, tels quÕils apparaissent au terrier de 1701, fait la demande du nouveau suprieur des Sulpiciens, Vachon de Belmont, venu succder Dollier de Casson.
Les voisins de Montigny, du ct sud de la commune qui deviendra plus tard le ŅChemin du RoiÓ et plus tard la rue Jarry, sÕappellent: Larose, Beaulieu, Sancerre, Laflche, Louveteau, Lafortune, Viger, Grisdelin. En face, du ct nord, se trouvent : les Lacroix, Lalouette, Alavoyne, Lagrandeur, Laviolette, St-Amant, Laforme, Lafantaisie, la plupart identifis sur ce parchemin trs officiel par leur surnom ou nom-de-guerre dÕanciens soldats des Troupes de la Marine.
Quelques lieues plus au nord, on trouve aussi des anciens des Troupes Rivire-des-Prairies, dont Pierre Taillefer et Pierre Cardinal. Le 12 septembre 1701, ce dernier lui fait le grand honneur de demander Samuel comme parrain au baptme de son deuxime fils, Franois.
CÕest cette occasion que Samuel Papineau dit Montigny dclare au cur pour la premire fois: profession, ŅvolontaireÓ.
Volontaire peut signifier quÕil nÕtait pas conscrit lors de son recrutement en France, ce qui accrdite la tradition orale lÕeffet quÕil sÕtait port volontaire pour remplacer son frre an qui avait charge dÕune famille orpheline.
Volontaire tait aussi le titre que lÕon donnait pudiquement Ville-Marie aux coureurs-des-bois qui allaient la traite des fourrures sans permis et parfois allaient vendre leur marchandise aux marchands hollandais en passant travers lÕIroquoisie hostile.
La petite communaut de la Cte-St-Michel est quand mme assez isole, communiquant difficilement avec Ville-Marie, travers la Cte de la Visitation au sud.
Au nord-est, il y a la concession de 1685 appele Cte St-Dominique, devenue en 1687 la paroisse Saint-Joseph de la Rivire-des-Prairies. CÕtait le point dÕarrive lÕle de Montral aux premiers temps de la colonie. On y voit le fortin palissade construit par le capitaine de Senneville la demande des seigneurs sulpiciens. Il sÕappelle maintenant petit fort Desroches, du nom de Paul Desrochers qui en est le gardien.
Plus lÕouest, il y a la petite glise St-Joseph de 1689, en bois, un autre fortin et le moulin banal des seigneurs. Jean Sicard, un autre Venden, en est le meunier et sa femme, Catherine Lauzon, en est la meunire hroque qui, selon le pre Vachon de Belmont, a tenu tte une bande iroquoise lors des massacres de 1691.
Plus lÕouest sur la Rivire-des-Prairies, on peut aller au Sault-au-Rcollet, o se trouve le Fort-Lorette rig en 1696 par les sulpiciens pour accueillir les Sauvages du Fort-de-la-Montagne, dornavant trop rapproch des auberges et de lÕeau-de-vie de la ville. Le fort renferme une petite chapelle en bois, une cole des soeurs de la Congrgation Notre-Dame et la rsidence des seigneurs et du missionnaire.
Avec lÕarrive de chaque nouveau concessionnaire, les corves rassemblent les hommes et les femmes de la Cte-Saint-Michel. Ils se voient aussi chaque dimanche aux offices donns par un missionnaire de Ville-Marie qui, selon la saison, alterne entre le minuscule oratoire lev face la terre de Samuel et les premires paroisses riges St-Joseph de Rivire-des-Prairies, Fort-Lorette et Saint-Laurent. Ė lÕoccasion des grandes ftes ils font la longue marche jusquÕ la premire glise Notre-Dame de Montral, rige par les bons soins du suprieur Dollier de Casson. Ce dernier alliait des talents dÕarchitecte son pass dans les grenadiers et sa tardive vocation religieuse. Pour amasser les fonds ncessaires la construction, il avait obtenu du gouverneur de Montral, le chevalier de Callires, un permis exceptionnel de traite des fourrures aux Pays-dÕen-Haut.
Pour Samuel, maintenant appel aussi bien Papineau que Montigny, les premires annes de sa nouvelle vocation dÕhabitant sont agites. Chaque mois, avec ses voisins de la Cte-St-Michel, il va lÕexercice de sa compagnie de milice dirige par le sergent Pierre Richer dit Laflotte, surnom hrit du nom de sa paroisse natale, La Flotte, sur lÕle de R.
La colonie est toujours sous la menace des Anglais et des Hollandais de la Nouvelle-Angleterre qui, depuis la grande paix de Montral de 1701, sont furieux dÕavoir perdu lÕeffet de menace des Iroquois quÕils utilisaient comme leurs mercenaires. Cette menace disparue, les Franais ont pu aller fonder le poste de Dtroit et ainsi verrouiller la fois lÕaccs aux Grands Lacs et au Mississipi qui assure le lien avec la Louisiane.
Les miliciens et les Amrindiens allis accompagnent souvent les Troupes de la Marine pour ravitailler ces postes et, lÕoccasion, faire des raids vengeurs chez lÕennemi.
Comme dans un roman, son vieux copain Pierre Taillefer invite son ami Samuel, encore clibataire, la messe de minuit de Nol 1703 Rivire-des-Prairies, et ensuite au rveillon chez lui la maison ancestrale de son pouse, Jeanne Huneault dit Deschamps, veuve de Adrien Quevillon.
Il y a l sa belle-fille Catherine Quevillon, veuve depuis peu de leur ami Guillaume Lacombe dit Saint-Amant avec qui elle aura vcu seulement quatre mois.
Catherine a 17 ans et Samuel, 34 ans, en a le double. Mais il a gard travers sa vie tumultueuse toute la vigueur de sa tendre jeunesse.
De toute vidence, ils se connaissent et se plaisent puisque le 8 juin 1704, dans la maison de Jacques Vaudry, le mme notaire Pierre Raimbault qui a offici lÕachat de sa terre, leur soumet un contrat de mariage. Les tmoins de Samuel pour lÕoccasion sont ses amis Jean Pouget dit Grisdelin, de la Cte-St-Michel, et Pierre Cardinal, de Rivire-des-Prairies. Il y a eu la publication des trois bans rglementaires trois dimanches conscutifs, puis le 16 juin 1704, Samuel sÕamne lÕglise paroissiale de Catherine, St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, nouvellement rouverte au culte. Samuel est avec son tmoin, Pierre Laurin, capitaine de la compagnie de milice du Bout-dÕen-haut, (ainsi quÕon appelait Fort-Lorette), fils de Pierre Lorin dit Lachapelle de Chatellerault en Poitou. Le pre sulpicien qui officie, Jean Bouffandeau, est lui aussi un venden n Cholet, de trois ans plus jeune que Samuel.
Cet acte de mariage (voir lÕannexe B.4.- la transcription et la copie de lÕoriginal) scelle le destin des premiers anctres Samuel Papineau et Catherine Quevillon et affirme les racines de la seule authentique famille Papineau qui a une descendance en Nouvelle-France.

(la plus rcente glise, datant de 1875) photo jyp 2002
Catherine Quevillon vivra jusquÕ quatre-vingt-quinze ans, surpassant sa mre Jeanne Huneault dit Deschamps qui, elle, a vcu jusquÕ 91 ans et eut huit enfants de trois mariages.
Catherine Quevillon fut surnomme Ņla femme aux quatre marisÓ mais nÕeut dÕenfants que les neuf quÕelle eut avec Samuel Papineau: trois filles et six garons qui lui donneront 93 petis-enfants dont cinquante se marirent et eurent des enfants.
Comme sa mre, Catherine a un caractre vif, hrit de son sjour prolong dans une tribu iroquoise, ce qui explique aussi quÕelle nÕa pas appris crire, comme on le constate dans de nombreux documents notaris.
Par contre, elle connatra bien ses petits-enfants, dont Joseph II n en 1752, notaire et dput qui avait 29 ans au dcs de sa grand-mre en 1781.
Ils transmettront tous lÕhistoire de ses nombreux faits dÕarmes.
On peut suivre le cheminement des Papineau-Quevillon au fil de nombreux documents officiels, soit de lÕtat civil ou des actes des notaires. Il nÕy en a heureusement aucun dans les archives pnales de la Prvt.
Dans ces archives, on dcouvre que le couple Papineau est trs grgaire, souvent invit aux baptmes et mariages de la rgion o ils puisent aussi les parrains-marraines et poux-pouses pour leurs trois filles et six fils.
Parmi plusieurs de ces familles, Samuel retrouve des ŅpaysÓ du Poitou, de la Vende et des anciens compagnons des Troupes de la Marine quÕon peut gnralement reconnatre leur surnom ou nom de guerre attribu de facto la leve de la recrue intgre dans la compagnie du marquis de la Grois:
Denis Jourdain dit Labrosse, qui en 1706 se dit bourgeois de Montral, Jacques Richard dit Larose, son voisin au sud, Jacques Gauthier dit Saint-Germain, Louis Leroux dit Lachausse, Jacques Hrich dit Louveteau, Antoine Andr dit Lafontaine, Pierre Geoffrion dit Saint-Jean, Pierre Richer dit Laflotte, Nicolas Prillard dit Bourguignon, Paul Daz dit Queniot.
Il y a aussi Franois Tvenin dit Rencontre, qui le 19 mars 1719 sera le parrain du septime enfant de Samuel, Joseph Papineau I dit Montigny, lÕanctre des hommes politiques qui sÕillustreront au Canada et au Qubec.
La maison construite sur la terre acquise en 1699 devient vite une pouponnire quÕil faut sans cesse agrandir. Elle accueille dÕabord en succession trois filles entre 1705 et 1709 et par la suite six garons entre 1712 et 1726. Au dernier n, Jean-Louis, Samuel a alors 56 ans et Catherine a 40 ans.
En 1705, la famille dcide de ne pas conserver la terre de la cte St-Michel hrite par Catherine de son premier mari, Guillaume Lacombe dit St-Amant. Ils la cdent Jean Guilbert dit Laframboise qui la cdera plus tard sa fille lisabeth, marie Antoine Andr dit Lafontaine.
Plusieurs historiens de la famille Papineau prtendront erronment que cette transaction sÕappliquait la terre acquise par Samuel en 1699.
Pourtant le terrier des seigneurs de Ville-Marie inscrit dans la carte de 1702, dite carte de Vachon de Belmont, indique bien le nom de St-Amant, # 1075, et le dnombrement de 1731 affiche le nom du nouveau censitaire, Guilbert, # 5985.
Par un autre acte avec les seigneurs dat du 29 janvier 1711, les Papineau ont acquis une deuxime terre, o il nÕont pas habit, Rivire-des-Prairies, jouxtant celle du frre de Catherine, Jean-Baptiste Quevillon. Cette terre sera cde le 11 mars 1720 aux beaux-parents de Samuel, Pierre Taillefer et Jeanne Huneault, veuve Quevillon. Elle avait t reprise par les seigneurs et mise aux enchres par affichage lÕglise paroissiale de Rivire-des-Prairies les 26 juin 1706, 27 mai 1707, 26 mai 1708 et 5 juillet 1710.
Plusieurs historiens, dont ceux du Dictionnaire biographique du Canada, ont err en y faisant dmnager Samuel et Catherine Papineau.
Puis les actes notaris nous fournissent un document trs intrigant par lequel les poux Papineau effectuent le huit janvier 1717, devant le notaire Pierre Raimbault, une donation au bnfice des seigneurs pour une remise annuelle de quinze livres. Il faudra en trouver lÕexplication aux archives de Saint-Sulpice.
La
famille
Papineau
continuera donc dÕoccuper la terre originale de 1699 puisquÕon
en
trouve la confirmation suivante dans Ņles
aveux et dnombrements dposs en 1731 pour fief, terre et seigneurie
de lÕisle
de MontralÓ qui dsignent au nom de Samuel Papineau dit Montigny: ŅDans la Cte Saint-Michel, en la paroisse
de Saint-Laurent, au milieu de laquelle est un chemin du Roi, du ct
gauche de
la commune et donnant sur celle-ci une terre de 3 arpents de front par
21
arpents de profondeur, soit 63 arpents dont 31 sont en labours et 6 en
prairie,
avec une maison en bois, une grange, une table, mais sans curieÓ.
Refltant lÕvolution de la cte-St-Michel, les actes de baptme successifs des neuf enfants sont enregistrs soit Montral, Rivire-des-Prairies ou Saint-Laurent dont faisait alors partie la Cte St-Michel. Plus tard, les mariages des enfants sont clbrs soit Montral, Saint-Laurent et dans la nouvelle paroisse cre en 1735, appele le Sault-aux-Rcollets en mmoire dÕun missionnaire rcollet qui sÕy noya dans les rapides de la Rivire des Prairies.
CÕest dÕailleurs la chapelle du Fort-Lorette, mission tablie en 1696 par les Sulpiciens pour transfrer les indiens du Fort de la Montagne vers le Sault-au-Rcollet, que se fera le 23 avril 1737 la spulture de Samuel Papineau dit Montigny, dcd la veille lÕge de 67 ans.
Voir lÕannexe B.-9.- spulture de Samuel
On verra que la famille Papineau vit trs modestement car quinze mois plus tard, le notaire Franois Lepailleur en date du 27 juillet 1738 fait lÕinventaire... Ņdes dits meubles de la ditte communaut, sise la ditte coste St Michel o nous sommes exprs transports en la maison construite sur icelle o est dcd le dit papineauÓ... Au chapitre des immeubles, le notaire royal note: ...Óune terre de 3 arpents de front sur 21 arpents de profondeur sise en la ditte coste St Michel tenant dÕun bout par devant au chemin du roy qui spare les habitants dÕun cost et dÕautre de la ditte coste St Michel et dÕautre bout la concession des reprsentants de feu Vincent Lenoir; dÕun cost celle de Martineau et dÕautre cost encore aux hritiers feu LenoirÓ. Vincent Lenoir est le parrain en 1706 de Catherine, la deuxime fille de Samuel alors que son fils Jean-Baptiste Papineau marie en 1743, Charlotte, la fille de Pierre Martineau
Suite au dcs du patriarche, on voit dans des contrats notaris que, comme Catherine Quevillon, les huit autres enfants cderont leur part de la terre familiale leur frre Pierre Papineau dit Montigny. Mari Marie-Joseph Brignon dit Lapierre, ils auront onze enfants dont huit se sont maris.
CÕest la ligne de Pierre qui comptera le plus de descendants au 21e sicle.
Voici une copie de lÕoriginal donnant la liste des habitants de la Cte-St-Michel en 1702,
TERRIER DE 1702 DES SULPICIENS,
CARTE DE VACHON DE BELMONT. (detail)
(LE SOLDAT MONTIGNY (CENTRE GAUCHE) ET DÕAUTRES SOLDATS DE LA COMPAGNIE DU MARQUIS DE LA GROIS: LOUVETEAU, GRISDELIN, ST-AMANT, LA FANTAISIE).

Pour tudier la mobilit des propritaires, nous avons repris ce livre terrier de 1702 et lÕavons compar au dnombrement de la Valle du St-Laurent de 1731.
Le censitaire Montigny de 1702 est recens en 1731 sous le nom de Samuel Papineau, toujours au mme endroit.

La Cte-St-Michel est devenue la Rue Jarry, situe ici entre le Boulevard St-Michel et le Boulevard Pie IX.
La
terre
originale
de 63 arpents des Papineau se situe aujourdÕhui entre la rue
Jarry et
la rue Jean-Talon quelques six avenues lÕest du Boulevard
St-Michel
les
premiers anctres maternels des Papineau
Quevillon
Catherine
Quevillon,
la jeune pouse de Samuel Papineau dit Montigny,
descend de familles de pionniers par son pre comme par sa mre.
Adrien
Quevillon,
(1645-1690), son pre, est venu de sa Normandie natale
comme engag au juge royal, le sieur Louis Artus dit Dessailly, sur sa
ferme du
Bout-de-lÕėle, lÕest de Ville-Marie. On lÕy trouve 21 ans au
recensement de
1666, qualifi dÕengag et de laboureur.
On
le dit de St-Ouen-le-Mauger, petit bourg situ entre Dieppe et Rouen.
dont voici la description sur la carte de cassini de 1768 et une photo
en 2003
de lÕglise.

Carte de Cassini de 1768

glise
de
St-Ouen-le-Mauger
photo jyp 2003
Comme
il
se dit aussi habitant et cordier Montral au recensement de
1681, sa famille pourrait autrefois venir de la commune de Quevillon,
en
banlieue sud de Rouen, qui est une rgion o existait cette industrie,
semblable la corderie royale de Rochefort.
Aprs
la
fin de son engagement comme trente-six-mois, ainsi quÕon
appelait les engags, soit vers 1669, on perd sa trace jusquÕ son
mariage avec
Jeanne Hunault dit Deschamps le 2 fvrier 1672, alors quÕil se dit
habitant. Il
a 27 ans, elle a 14 ans. Suivent des naissances partir de 1673
jusquÕ celle
de Marie Catherine
en
1686.
Les
baptmes de leurs six enfants ont lieu, les deux premiers Montral
et les autres Pointe-aux-Trembles.
Adrien
Quevillon
avait acquis une terre la Coste-St-Dominique qui
deviendra en 1687 partie de la nouvelle paroisse de
St-Joseph-de-la-Rivire-des-Prairies.
Hunault dit Deschamps
La
mre de Catherine, Jeanne Hunault dit Deschamps (1658-1748), est elle
aussi fille de pionniers.
Toussaint
Hunault
dit Deschamps (1628-1690), son pre, originaire de
St-Pierre-es-Champs, la frontire de la Normandie et de
lÕėle-de-France,
tait arriv Ville-Marie comme engag avec la grande recrue de 1653,
leve
par le sieur de la Dauversire partir de La Flche, la demande du
gouverneur de Montral, Paul Chomedey de Maisonneuve.
On a
retrouv son contrat dÕengagement notari en prsence de monsieur
Olier.
On
dira que ce groupe de pionniers sauva Montral et la Nouvelle-France.
En 2003, on a clbr le 350e anniversaire de cette
difficile
traverse jusquÕ Montral, bien dcrite dans le site internet: <http://www.sgcf.com/recrue/>.
Ils furent cent deux hommes et quatorze femmes sÕembarquer
St-Nazaire, le
20 juin 1653, sur le navire St-Nicolas destination de Qubec puis de
Montral. DÕautres, surtout des femmes, partirent de La Rochelle.
Lorgueil
Une
des passagres de 1653, au dpart de St-Nazaire ou de LaRochelle,
est une jeune fille de 15 ans, Marie Lorgueil (1638-1700), quÕon dit
originaire
de la ville de Cognac, en Charente, ville assez lointaine de La Flche
mais
proximit de La Rochelle.
Comme
le
patronyme Lorgueil nÕexiste pas en France cette poque,
on prsume que cÕtait son surnom
et lÕon recherche activement son vrai nom et son certificat de
naissance.
Une
piste est fournie par les noms qui lui sont donns par son cur et
confesseur de Pointe-aux-Trembles dans les actes de baptme de ses
enfants.
Arcueil
nous
met sur la piste de Arcouet, patronyme trs frquent en
Charentes. Un soldat du nom de Jean-Baptiste Arcouet, du rgiment
Carignan-Sallires, natif de Marennes, en Charente, Ē abjure
la
religion prtendue rforme Č, cÕest--dire
protestante, alors quÕil est hospitalis lÕHtel-Dieu de Qubec en
1666.
On
prsume que Marie Lorgueil et Toussaint Hunault ne se connaissaient
pas avant le dpart, mais ils seront bientt maris dans lÕglise de
Ville-Marie le 23 novembre 1654. Le gouverneur De Maisonneuve assiste
au
mariage.
On
peut suivre leur cheminement travers les archives religieuses et
notariales car Toussaint fait de nombreuses transactions de terrains
ncessitant souvent des emprunts. Ils ont lev une
famille de sept enfants qui seront tous maris. Puis, un
jour fatidique de 1690, un lieutenant des Troupes de la Marine, Michel
Dumont
de Blaignac, fils dÕun notable Paris, le tua dÕun coup dÕpe et prit
la
fuite.
La
veuve plore et lourdement endette dut remettre son droit de
recours au crditeur, le marchand Charles De Couagne, qui lui laissa la
jouissance de la terre familiale Ē au bas de lÕle Č. Cette
terre de
2 arpents sur 20 apparat dans le livre terrier des sulpiciens et la
carte de
Vachon de Belmont de 1702, Ē depuis la Coule St-Jean au
Bas-de-lÕIsle Č sous le nom de
Hunault.
Cinq
terres plus lÕest se trouve le petit fort Gervaise de
Pointe-aux-Trembles et la terre (sinon lÕauberge) des Testard dit
Folleville o
rgnait lÕaguichante Anne Papineau Lamarque, originaire de Bordeaux,
demoiselle
noble envoye par le roi, selon les archives du couvent des Ursulines
de Qubec
o elle est tudiante de fvrier octobre 1663. (aucun lien connu avec
Samuel
Papineau).
Marie
Lorgueil
est dcde tout prs de l, lÕle Ste-Thrse, et sera
inhume Varennes, le 29 novembre 1700.
Certains
des
enfants Hunault dit Deschamps eurent aussi un destin
tragique.
Thrse
Huneault
dit Deschamps, marie Guillaume Leclerc et mre dÕenfants
en bas ge, selon lÕacte de spulture Pointe-aux-Trembles, sera Ē tue cruellement dans la grange par
les Iroquois, La Chenaye, le 7 aot 1689 Č,
trois jours aprs le terrible massacre
de Lachine.
Le rapt des Quevillon.
Jeanne
Huneault,
et son mari Adrien Quevillon, qui ont six enfants, sont
enlevs lors dÕattaques iroquoises sur Rivire-des-Prairies et
Lachenaye en
1692 et 1693.
Lui
est tu et son pouse
Jeanne Hunault, sa fille Anglique age entre 11 et 12 ans et
Catherine
age entre 6 et 7 ans, sont
amenes en captivit. Les autres enfants sÕen tirent indemnes sauf leur
frre
Pierre, 15 ans, qui est bless serieusement car on le trouve sur la
liste des
malades de lÕHtel-Dieu de Qubec, entr en date du 24 mai et sorti le
26 juin
1693 aprs quoi il nÕy a plus de traces de lui dans les actes.
LÕarchiviste
nous dit que sÕil y tait mort, on lÕaurait inscrit dans les rgistres.
La tradition orale relate ainsi
le rapt de Catherine: Ē on brla sa soeur aine (Anglique) sous
ses yeux
et elle manifesta tellement de courage quÕils lÕpargnrent afin dÕen
faire
plus tard la mre de braves Iroquois Č.
Le
mme raisonnement de ces barbares a d sÕappliquer sa mre, Jeanne
Hunault Quevillon, alors age de 35 ans.
Ce
rapt se situe en 1692 ou 1693.
Voici le scnario le plus probable:
Une
bande du chef Chaudire Noire, des Onontagu, une des tribus des
Cinq-Nations Iroquoises, effectue des attaques surprise sur La Chenaye,
Pointe-aux-Trembles et Rivire-des-Prairies entre 1689 et 1693. Ils
font
beaucoup de victimes chez les habitants comme chez les militaires.
Ainsi, lors
dÕune attaque la Coule Groulx de Rivire-des-Prairies o 14 Franais
sont
tus et sommairement enterrs, en attendant leur spulture
Pointe-aux-Trembles en 1694.
Ė la
suite de la campagne dcisive mene en 1696 par le gouverneur
Frontenac chez les Iroquois, ceux-ci commencent ngocier la paix et
remettre des otages en signe de bonne volont. Un groupe de onze est
remis aux
Hollandais du Fort Orange (Albany) et achemin Montral. DÕautres
otages sont
librs par lÕentremise du capitaine Lemoyne de Maricourt, de son nom
indien Ē Stow-Stow Č traduit par Ē Petit
Oiseau Č,
lors de
ngociations chez les Onontagus dont il parle la langue. En mme
temps, le
chevalier de Joncaire, avec lÕaide du jsuite Jacques Bruyas, fait de
mme chez
les Tsonontouans.
De
longs palabres, constamment entravs par les Hollandais dÕOrange
(Albany) et de Corlaer (Schenectady), ont en effet prcd la signature
de la
Grande Paix de Montral en 1701.
En
captivit chez les Iroquois, Jeanne Huneault, veuve Quevillon, y
pouse le Franais Jacques Courval qui a d y prir car on ne trouve
plus trace
de lui au retour des captifs vers 1698. Ils auront eu un fils, Louis
Augustin
Courval, n en captivit, qui est baptis, sous conditions,
Pointe-aux-Trembles le 4 juin 1698 lÕge de 18 mois. LÕacte mentionne
que Ē les parents ont t maris chez les
Iroquois Č, donc en dbut de 1696, correspondant lÕattaque
des
villages iroquois par Frontenac.
Peu
aprs son retour Montral, la deux fois veuve Jeanne Huneault
prend un troisime poux, Pierre Taillefer, soldat du marquis de La
Grois,
comme Samuel Papineau. Tous deux ont peut-tre particip sa
libration chez
les Iroquois. Aprs la dmobilisation gnrale de 1698, Taillefer la
connat
assez bien pour quÕensemble ils rclament la dot royale de 50 livres
leur
mariage en 1699 et lui, la prime accorde aux soldats qui sÕtablissent
comme
habitants. Ils auront un fils, Pierre Taillefer II, qui compltera une
famille
reconstitue comprenant les six enfants survivants de trois mariages.
En
dpit de toutes ces vicissitudes, les familles Quevillon, Huneault et
Deschamps auront de nombreux descendants, surtout dans les environs de
Montral, mais aussi ailleurs au Canada et en Amrique, dont une
famille
Cuvillon devenue clbre en Louisiane.
Les
descendants Papineau voudront retenir lÕpope hroque de ces trois
femmes courageuses dont le sang coule dans leurs veines, la premire
anctre,
sa fille et sa petite-fille:
Marie
Lorgueil
marie Hunault dit Deschamps,
Jeanne
Hunault
dit Deschamps marie Quevillon,
Catherine
Quevillon
marie Papineau dit Montigny.
sources pour le rapt des Quevillon:
A.-
Carte de 1702 de Vachon de Belmont et ses mmoires intituls :
Histoire du Canada.
Il y
mentionne:
1.-
La femme du meunier qui dfend Rivire-des- Prairies des Iroquois.
(Le meunier est Jean Sicard et sa femme Catherine Lauzon, maris en
1681).
2.-
La femme de Cuillon est enleve, mais pas de date. Note: Cuillon,
Cuvillon sont des dformations de Quevillon.
3.-
On a situ le moulin seigneurial, le Fort des Roches, lÕglise de
Rivire-des-Prairies et la ferme des Quevillon sur la carte du terrier
de
Vachon de Belmont de 1702 et sur celle du dnombrement de 1731.
4.-
La carte de Bellin de 1764 indique aussi le fort Des Roches.
B.-
Les registres de lÕtat civil nÕindiquent pas de spulture pour
Adrien Quevillon ni pour sa fille Anglique, non plus que pour Pierre,
hospitalis lÕHtel-Dieu de Qubec en 1693.
Il
est surprenant que lÕacte notari de lÕinventaire aprs dcs dÕAdrien
Quevillon se situe seulement en 1708, une quinzaine dÕannes aprs son
dcs,
longtemps aprs le troisime mariage de sa veuve Jeanne Hunault avec
Pierre
Taillefer.
C.-
On peut faire la liste des attaques iroquoises documentes
entre
1690 et 1693, dans
Vachon de Belmont, Desrosiers, Charlevoix, etc.
On
peut aussi chercher dans les archives des chroniques franaises et
anglo-hollandaises les dates exactes de leur capture et de leur
libration.
D.-
Selon que Catherine Quevillon (1686-1781) a t enleve en 1692 ou
en 1693, elle aura pass six ans ou cinq ans en captivit. Elle aura
donc pu
beaucoup apprendre des moeurs, coutumes et mme la langue des
amrindiens.
On
sait quÕelle a douze ans sa libration en 1698, 17 ans son
premier mariage en 1703 avec Guillaume Lacombe dit St-Amant et 18 ans
son
deuxime mariage avec Samuel Papineau dit Montigny en juin 1704.
Il
faut donc accorder beaucoup dÕimportance la tradition orale des
Papineau pour cette priode, telle quÕelle leur fut raconte par
lÕaeule et
telle que rpte par Louis-Joseph Papineau, le chef patriote.
On
trouvera en annexe les transcriptions, rvises par lÕauteur, des
actes de lÕtat civil (PRDH de lÕUniversit de Montral, avec
permission)
pour les Hunault dit Deschamps,
les Quevillon et les Papineau: les trois familles dÕanctres Papineau.
Cette
chronique de la premire gnration des Papineau sera encore plus
enrichissante la lumire dÕune meilleure connaissance de ce quÕtait
la vie
Montral, en Nouvelle-France, au temps de Samuel Papineau et de
Catherine
Quevillon, au dbut du dix huitime sicle.
1.6.1 Le contexte
historique
Depuis la dmobilisation gnrale des Troupes
en 1698 jusquÕau mariage de lÕanctre Papineau en 1704, ce fut une
priode
charnire pour le dveloppement de Montral. Cela se situait dans
lÕinterlude
de paix en Europe et donc en Nouvelle-France, entre les traits de
Ryswick de
1697 mettant fin la guerre de la Ligue dÕAugsbourg et la reprise des
hostilits en 1704, dbut de la guerre de Succession dÕEspagne.
La Nouvelle-France et surtout Montral avaient
grand besoin de ce rpit.
Montral avait vu le jour en 1642 lÕinitiative
dÕune entreprise visant la conversion des Ē sauvages Č,
terme qui alors nÕavait pas de signification pjorative.

Ces
pieux vanglisateurs se sont tablis sur une le entirement
inhabite, autrefois appele Hochelaga, qui leur avait t concde par
le roi.
Au
sud-ouest, ils avaient comme puissants voisins la Confdration des
Cinq-Nations
Iroquoises dont les villages se situaient le long de la rivire Mohawk,
dans le
nord de lÕtat actuel de New-York, entre Albany et Syracuse. Au sud se
trouvaient les Loups, allis des Anglais qui les appelaient les
Mohicans, dont
la triste disparition a t rendue clbre par le roman de Fennimore
Cooper.
Ces
tribus taient devenues les fournisseurs de pelleteries aux
Hollandais Orange (Albany) et par lÕHudson, dans lÕaxe nord-sud,
jusquÕ
Manhatte, (New-York), plus tard approvisionnant ainsi les Anglais aprs
leur
victoire sur la Hollande.
Les
Iroquois ont vu ds la naissance de Montral les dangers de ce
nouvel axe est-ouest, dvelopp par les Franais via le Saint-Laurent,
et nÕont
eu de cesse dÕessayer de lÕexterminer.
CÕest
lÕpope
du gouverneur De Maisonneuve, du major Lambert Closse et
de ces braves dont lÕhistoire est si vividement raconte par le
sulpicien
Dollier de Casson dans son Ē histoire
du montral Č (sic) quÕil faisait parvenir en cachette aux
malades de
son infirmerie Paris, une bulle papale interdisant aux missionnaires
de
publier des Ē relations des
missionnaires Č.
Mais
quelques annes plus tard la situation de Montral, qui a toujours
t la premire cible des dpravations iroquoises, semblait dsespre.
On
allait tenter un dernier effort pour sauver la frle bourgade.
On
dpcha en France monsieur de Maisonneuve, qui, avec les patrons
franais de la Socit Notre-Dame, comme monsieur De
La
Dauversire, et grce la gnrosit de madame De
Bullion, financrent la leve dÕune centaine dÕengags contractuels.
CÕest la
Grande Recrue de 1653 dont on a
clbr le 350e anniversaire lÕautomne de 2003.
Aprs
dÕinnombrables
difficults ils sÕtablirent Montral et, comme
on le verra lors de lÕexploit du Long-Sault en 1660, ils parvinrent
tenir
tte aux Iroquois.
Les
historiens affirment que cette centaine de recrues ont sauv la
Nouvelle-France toute entire.
Ils
tinrent le coup jusquÕ lÕarrive en 1666 de renforts de lÕarme
rgulire franaise. Les rgiments de Carignan-Sallires eurent tt
fait dÕobtenir
la signature dÕune paix qui durera
25 ans.
Plusieurs
de
ces officiers et leurs soldats sÕtablirent alors dans la
valle du Richelieu et du Saint-Laurent, coupant ainsi les voies
dÕattaques
puisque la seule faon de se dplacer efficacement se faisait par canot.
Ainsi,
la
coalition des Anglais, des Hollandais et des Iroquois de la
colonie anglaise de New-York voyait ses plus grandes craintes se
raliser.
La
Nouvelle-France, ses militaires, ses vaillants coureurs-des-bois et
mme ses missionnaires pntraient toujours plus profondment chez les
nations
autochtones des Grands Lacs. Non seulement ils amplifiaient la
domination de la
route du Saint-Laurent mais ils osaient mme tracer une nouvelle route
des
fourrures vers le sud par le Mississipi avec dbouch sur la mer en
Louisiane.
En
mme temps, Lemoyne dÕIberville et ses vaillants marins contestaient
aux Anglais la route maritime du nord la Baie dÕHudson.
Le
gouverneur Frontenac illustrait ainsi le premier de ses deux mandats.
Le
prtexte pour lgitimer la reprise des anciennes hostilits se
reprsentera en 1686 lors de la dclaration de guerre de la Ligue
dÕAugsbourg,
encore lÕAngleterre et la Hollande contre la France.
Malheureusement,
les
successeurs de Frontenac, les gouverneurs de La
Barre et ensuite Denonville, ne connaissaient pas assez le pays et les
tactiques de la Ē petite guerre Č pour touffer les
conspirations de
la coalition ennemie ou la vaincre sur le terrain.
Montral
fut
dcime rptition de 1686 1696, le pire carnage se
produisant dans la nuit du quatre aot 1689 dans ce qui sÕest appel le
Ē massacre
de Lachine Č, suivi des attaques sur Lachenaie,
Rivire-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles,
Verchres et autres villages.
Puis
Frontenac revient en 1689 prendre les choses en main.
Il a
maintenant sa disposition une nouvelle arme constitue des 35
compagnies arrives entre 1683 et 1688, soit les 1600 soldats et
officiers des
Troupes de la Marine. Ils ne proviennent pas de lÕarme rgulire, mais
sont
recruts dans les provinces maritimes franaises. Leur jeunesse supple
au
manque dÕexprience des champs de bataille par une plus grande
versatilit et
leur adaptabilit la petite guerre. Ils seront dÕabord mis
lÕpreuve en
rejetant la mer les soldats et les marins du Bostonnais Phipps
lÕautomne de
1690.
Cette
victoire
retentissante Qubec fit beaucoup dÕeffet en
Iroquoisie.
Les
attaques continurent cependant par la nation iroquoise des Onontagus, entrane par un de ses
chefs, Chaudire Noire.
Frontenac
reprit
alors lÕoffensive; aprs avoir rtabli lÕavant-poste du
fort Cataracoui, aujourdÕhui Kingston en Ontario, il dirigea, en dpit
de son
grand ge, une campagne avec 2300 hommes contre les Iroquois.
Cette
vigoureuse
campagne de 1696 qui avait mat les Cinq Nations
Iroquoises de la Nouvelle-Angleterre et les talents diplomatiques de
Frontenac
annoncaient une paix durable. Le Roi Louis XIV autorisa
alors
par ordonnance royale de 1698 la
dmobilisation des Troupes, maintenant appeles Compagnies franches de
la
Marine, accordant aux soldats une gnreuse dot et ordonnant aux
seigneurs de leur
cder des terres. Il fit de mme
lÕendroit des femmes nes ici, trs souvent veuves de militaires et
mres de
famille, octroyant aussi par ordonnance royale en 1700 une dot de
cinquante
livres celles qui prendraient mari en ce pays.
En
1701 ce fut la Grande Paix de Montral, signe par le nouveau
gouverneur,
le marquis de Callires, avec trente-neuf nations amrindiennes venues
dÕaussi
loin que des Illinois. Comme la plupart des soldats se firent
habitants, de
nouvelles concessions furent ouvertes sur lÕle de Montral, la Cte
Saint-Michel et la Cte Saint-Laurent. La population civile de
Montral
doubla rapidement pour sÕtablir environ deux mille
cinq cents mes.
Une
carte historique, dresse par les seigneurs sulpiciens, date de
1702 et faisant le recensement des cinq cents propritaires censitaires
et des
institutions, donne un portrait de Montral qui reflte lÕaboutissement
de tous
ces vnements.
On
retrouve la chronique historique de Montral de cette priode chez
plusieurs historiens, anciens et modernes. Mentionnons:
Ē histoire du Montral Č (sic) du sulpicien Dollier de
Casson, Ē histoire du Canada Č de son
successeur,
Franois Vachon de Belmont, jusquÕ celles de nos contemporains comme
Robert
Prvost, Ē Montral, la folle
entreprise Č, Stank 1991.
1.6.2 Les Montralais de 1700.
La ville
de Montral
de 1700, comme le sera celle de 2000, sÕest affirme par lÕaction de
toute sa
population : le simple habitant
(ce titre donn par le Roi avec sa dot tait alors valoris comme
lettre de
noblesse), les religieux et religieuses, les marchands, les artisans,
les
officiers et leurs soldats, les intrpides voyageurs autoriss se
rendre Ē aux pays dÕen haut Č, et
mme les coureurs des bois, pudiquement appels Ē volontaires Č
qui, eux, faisaient la traite en toute
illgalit.
LÕhistoire est souvent cruelle en oubliant les simples gens mais elle se fait pardonner lorsquÕelle conserve la mmoire de ceux et celles qui les ont accompagns. Ainsi les archives sont trs riches de la vie et des hauts faits de notables qui ont jou un rle important dans le Montral de 1700.
On
pourra trouver in
extenso les fiches du Dictionnaire biographique du Canada de
lÕUniversit Laval
(disponibles sur internet lÕadresse : http://www.biographi.ca/FR/)
pour
les
principaux, tels : Vachon de Belmont et son prdcesseur Dollier de
Casson, les gouverneurs, Frontenac, Callires, Vaudreuil, lÕintendant
Bochart
de Champigny, le chef huron Kondiaronk et son vieil ennemi Chaudire
Noire; aussi trois des acteurs
clefs, injustement ignors dans les clbrations de la Grande Paix,
admis chez
les Iroquois dont ils parlaient les langues, le jsuite
Jacques Bruyas et les capitaines Paul
Lemoyne de Maricourt et le chevalier de Joncaire; les officiers De
Crisafy,
Testard de Montigny pre et fils, Lemoyne de Louvigny; les frres
Charron,
fondateurs de lÕHpital
gnral de Montral. La plupart
apparaissent dans lÕnumration de la carte de 1702, soit en personne
ou dans
lÕanonymat de leurs institutions.
La liste
manuscrite
des occupants quÕon trouve sur lÕoriginal du terrier dans lÕordre
dÕoccupation
du sol, avec la superficie pour chacun, comporte quelques difficults
pour lÕexploitation
que chacun voudra en faire.
DÕabord,
la graphie
est parfois phontique. Trs
souvent le scribe inscrit, plutt que le nom de famille ou patronyme,
le surnom
qui, pour un soldat, tait son nom de guerre, bien plus connu que son
patronyme. De plus, il est souvent
arriv que chez certains descendants le surnom subsiste et que le nom
de
famille disparaisse. Dans certains cas, il arrive que des frres
adoptent, lÕun
le surnom et lÕautre le nom, ceci avec la complicit du clerg qui
avait alors
la responsabilit exclusive de lÕtat civil.
Il est
donc souvent
difficile de relier un nom rpertori sur la carte de 1702 avec ses
descendants
en 2002. Heureusement que des
instruments de recherche sur papier et en informatique ont t mis au
point pour
aider les gnalogistes et les historiens surmonter ces embuches. Nous publierons bientt une liste
dtaille des noms et surnoms apparaissant sur la carte de 1702.
LÕhistoire
de
familles
pionnires a dj fait recette : lÕhistorien Jacques
Lacoursire
faisait une notule sur une famille chaque numro de sa publication Nos racines.
Robert
Prvost,
ancien journaliste et diplomate du Qubec, a publi pendant plusieurs
annes
dans La Presse un rsum des
antcdents
de nombreuses familles,
maintenant disponibles sous forme de livres, Portraits de
familles pionnires, Libre Expression, 1993.
Il
existe aujourdÕhui
plusieurs autres sources dÕhistoires de familles, plusieurs sur
lÕinternet.
De
nombreuses
associations de familles, regroupes dans la Ē Fdration
des familles souches Č,
ont fait faire la gnalogie et parfois lÕhistoire de la famille.
De
nombreux
gnalogistes professionnels ou amateurs, souvent la retraite, en
confectionnent pour eux-mmes, pour des amis ou pour
publication.
1.7.0 Ė LA RECHERCHE DE SAMUEL PAPINEAU
Dans la recherche des racines de la famille Papineau, on dcouvre que la technologie moderne peut apporter un clairage additionnel ce qui nous a t transmis jusquÕici. Essentiellement, on peut exploiter les sources suivantes:
- la tradition orale de la famille,
- les transcriptions par Louis-Joseph Papineau (1786-1871) de 5000 feuillets des archives de la Marine pendant son exil forc Paris de 1839 1845, et sa correspondance abondante, en particulier avec son fils Amde.



Louis-Joseph Amde Denis-Benjamin II
- les dmarches de son fils Amde aux lieux dÕorigine en 1878,
- les travaux considrables dÕenqutes et de publications
jusquÕen
1965 par le gnalogiste le plus prolifique de la famille, le
lieutenant-colonel Denis-Benjamin II
Papineau (1890-1965), aide-de-camp des lieutenants-gouverneurs
du
Qubec. Il est l'arrire petit-fils de Denis-Benjamin 1.
- tous travaux qui ont amen lÕarchiviste-historien Roland C. Auger crire une notice biographique de Samuel Papineau, en franais et en anglais, dans le clbre Dictionnaire Biographique du Canada©, publi par lÕUniversit Laval de Qubec et lÕUniversit de Toronto:
Dictionnaire biographique du Canada, Universit Laval©
vol II p. 530
PAPINEAU,
dit
Montigny, SAMUEL, (1670-1737)
soldat,
censitaire
des Sulpiciens la cte Saint-Michel,
le de Montral, n Montigny en Poitou, fils de Samuel Papineau,
commerant,
et de Marie Delain (Delair), inhum le 23 avril 1737
Sault-au-Rcollet.
Samuel
Papineau
faisait partie de la
compagnie du sieur dÕAndresy, arrive Qubec en 1688 ; ce dernier,
dcd au
cours de la traverse, fut remplac par M. Aloigny de La Groye. Durant
dix ans,
Papineau servit fidlement sous M. Buade, comte de Frontenac et M. de
Callire,
puis il fut licenci. Le 25 avril 1699, il acquit des Sulpiciens une
concession
de 60 arpents la cte Saint-Michel.
Il
vendit cette terre Jean
Guillebert, dit Laframboise, en 1705,
et
obtint un nouveau titre de concession la Rivire-des-Prairies en 1711,
titre
quÕil
conserva jusquÕ son dcs en 1737.*
Il
ne laissait que peu de biens,
comme lÕatteste lÕinventaire aprs dcs.**
Le
6 juin 1704, Samuel Papineau
avait pous, la Rivire-des-Prairies, Catherine Quevillon
(1686-1781) et ils
eurent neuf enfants. Cette dernire avait t enleve par les Iroquois
et
rachete aprs plusieurs annes de captivit ; elle se maria quatre
fois et
mourut lÕge de 95 ans.
Simple
soldat,
Samuel Papineau
sÕoccupa surtout des terres qui lui furent concdes partir de 1699.*
Il
est lÕanctre des familles
Papineau du Canada.
„.
AJM, Documents judiciaires, 29 juill. 1738; Registre des
audiences, 31 juill. 1739, 12 janv. 1740; Greffe dÕAntoine Adhmar, 5
nov.
1705; Greffe de Jacques David, 11 mars 1720; Greffe de Pierre
Raimbault, 25
avril 1699, 8 juin 1704, 29 janv. 1711, 29 juill. 1738.
-. Gnalogie de la famille Papineau au Canada,
BRH, XXXIX
(1933) : 331-346, 483-494.
-. Jean Leclerc, Les capitaines dÕinfanterie
1683-1689, MSGCF,
XI (1960) :163-167.
Auteur, (vers 1960): Roland C. Auger, archiviste et gnalogiste
* Il faut corriger cette erreur car
Samuel habitera
toujours la terre originale acquise en 1699.
1.- Ils ont bien vendu une terre Laframboise en
1705, aussi situe sur le ct nord de la Cte-St-Michel, mais
cÕest
celle hrite par son pouse, Catherine Quevillon, veuve de Guillaume
Lacombe
dit Saint-Amand dcd en 1703 aprs quatre mois de mariage. Lacombe
lÕavait
aussi acquise des Sulpiciens en 1699.
** LÕinventaire notari aprs le dcs de Samuel en
1737 dcrit dans le dtail sa terre originale de 1699. Dans des actes
notaris
subsquents, la veuve et huit des neuf enfants cdent leur part
dÕhritage de
cette terre originale leur frre Pierre Papineau dit Montigny.
2.- La nouvelle terre acquise en 1711
Rivire-des-Prairies fut cde la mre de Catherine, veuve Jeanne
Huneault
Quevillon et son nouveau mari, Pierre Taillefer, compagnon dÕarmes de
Samuel
dans la compagnie du marquis de La Groye. Cette terre que Samuel avait
achete
pour les redevances impayes, avait t mise aux enchres par affichage
aux
portes de lÕglise trois dimanches conscutifs. Elle est mitoyenne de
la terre
de Jean-Baptiste Quevillon, le frre de Catherine Quevillon Papineau.
Une tude attentive de ces documents donne un bon exemple de lÕvolution des techniques en recherches historiques. Cette notice date dÕenviron 1960-1965 comprend une erreur sur la rsidence du premier anctre Samuel Papineau, laquelle a t perptue par tous les historiens.
Les techniques modernes permettent de la corriger: les microfilms des actes notaris de la Nouvelle-France, rpertoris en informatique sur lÕinstrument de recherche Parchemin, mis au point par Archiv-Histo, indiquent que Samuel Papineau a toujours habit la mme terre acquise en 1699.
Et voil quelques erreurs corriges, du moins en principe, car elles continueront dÕtre rpandues par une foule dÕanciennes publications!
DÕailleurs il existe dÕautres transactions immobilires du vivant de Samuel Papineau.
Le 11 mars 1720 la famille Quevillon Papineau vend au mme Pierre Taillefer et son pouse, mre de Catherine, un demi lot la Rivire-des-Prairies que Catherine avait hrit de son pre, tu par les Iroquois en 1693.
Un acte pass devant le notaire Raimbault le 6 janvier 1717 pose cependant un problme de justification. Samuel et Catherine paraphent Ņun constitut de rente annuelle et perptuelle au sminaire de St-Sulpice de MontralÓ.
Il reste touver quelle faute aurait justifi cette pnalit.
Pour
les
gnrations suivantes, comme on le verra plus loin, la notorit de
plusieurs
descendants de Samuel Papineau a amen de nombreux chercheurs,
historiens et
analystes de toutes tendances et idologies publier une production
monumentale, souvent romance, dont nous donnerons surtout la
bibliographie
tout en corrigeant les erreurs les plus criantes.
On notera par exemple lÕessai en 1989 de moderniser la gnalogie de la branche la plus connue, dite ŅpolitiqueÓ, dans la compilation du ŅMmorial PapineauÓ de Normand Pickering-Leblanc sous la tutelle de lÕcrivain Claude Lamarche. SÕy sont glisses de nombreuses erreurs, en partie dues la faillite de la maison dÕdition.
Cela faisait suite des rencontres et des relevs entre 1965 et 1969, au lieu prsum dÕorigine du premier anctre, La Papinire de Montigny ainsi quÕ La Rochelle et Paris o lÕauteur habitait lÕoccasion dÕune affectation diplomatique.
Ces recherches permettent dÕtablir quÕil existait en France vers lÕan 1600 plusieurs noyaux de familles Papineau, celles relies lÕAmrique se trouvant surtout dans les provinces de lÕOuest de la France.
(On trouve aux archives des Mormons une trs ancienne famille Papineau Annonay, dans lÕArdche, sans lien connu avec le Nouveau-Monde).
Plus rcemment, la numrisation des archives au Qubec et en France ont ouvert de nouvelles pistes de recherche.
On verra en annexe lÕapparition de personalits contemporaines des Papineau franais du dix-septime sicle dans les archives numrises de Charles DÕHozier, le matre du Grand Armorial de France qui lui avait t command par Louis XIV.

Ces anciennes familles Papineau habitaient principalement: Bordeaux, lÕėle dÕOlron et La Rochelle, ainsi que le nord des Deux-Svres, dont Montigny et La Boissire ainsi que la rgion de Poitiers dans la Vienne et en Touraine. Dans le sud des Deux-Svres, cÕest--dire Niort et les environs, on retrouve aussi des Papineau et des Papinot qui semblent tre des Huguenots.
CÕest dans le dpartement des Deux-Svres que lÕon trouve le plus grand nombre de lieux-dits: La Papinire, dont celui de Montigny, illustr ici :

photo jyp mai 1998
Il existe des lieux dits ŅLa PapinireÓ prs de Bressuire, aussi entre Cholet et sa banlieue de St-Lger et St-Paul-en-Gtine. Ė Saint-Prouant, lÕouest de Pouzauges, prs du prieur de Grammont et de la tombe de Clmenceau se trouvent les Hautes-Papinires et les Basses-Papinires. Autant de preuves que de nombreux Papineau, sinon des Papin, sont passs par l. En 2005 nous avons visit une dizaine de lieux appels La Papinire, dont une au nord de la Loire qui fait un vin Muscadet dlicieux, et une autre chez une famille trs accueillante La Papinaudire, prs de Les Groseilliers, au centre du Dpartement des Deux-Svres.
Ainsi, nous avons beaucoup appris sur les circonstances gnrales lÕpoque du dpart de lÕanctre, sur les guerres de religion en Poitou, sur les soldats des Dtachements de la Marine et sur les conditions hroques de leur traverse en Nouvelle-France, sur les dures guerres quÕils ont livres, et finalement sur les conditions aussi hroques de lÕimplantation de ces jeunes Franais en Nouvelle-France.
Les dmographes estiment que ces quelque trois mille enfants-soldats des Troupes de la Marine sont les anctres dÕau moins le quart des quelque vingt millions de descendants franais vivant aujourdÕhui en Amrique.
En dpit des dvastations causes par les rvolutions, les guerres et les incendies, les archives franaises reclent certainement encore beaucoup de surprises.
En plus de colliger cette masse de documentation trouve en France, il faut la confronter aux trs riches archives de la Nouvelle-France, heureusement de plus en plus disponibles sous forme informatique.
Malgr toutes ces recherches et malgr lÕaide prcieuse des amis chercheurs francais, dont la dvoue Marguerite Morrison aux archives de Niort et LaRochelle, nous nÕavons pas encore repr en France les pices originales de lÕtat civil ou religieux de Samuel Papineau, ni de ses parents.
Une jeune dame des archives dpartementales des Deux-Svres Niort (lesquelles avaient t incendies en 1805 !) avait certainement quelque part dcouvert un document. Avant 1939, elle informait le lieutenant-colonel Denis-Benjamin Papineau II, le gnalogiste attitr de la famille, quÕelle ne pouvait lire correctement si le nom de lÕpouse du pre de Samuel Papineau, lui-mme prnomm Samuel, tait bien Delain ou Delair. Ce document est maintenant introuvable.
Par contre, la tradition orale joue aussi un rle important dans lÕhistoire des Papineau car plusieurs sont lettrs ds la premire gnration ne en Nouvelle-France. Ainsi, Catherine Quevillon (1686-1781) son dcs lÕge de 95 ans, est entoure de son fils Joseph I qui a 62 ans et ses petits-fils Joseph II ag de 27 ans et Andr ag de 16 ans. Or, le premier sait lire et crire, le deuxime est notaire et le troisime est tudiant au sminaire de Qubec. Il faut donc accorder beaucoup dÕimportance la tradition orale des Papineau pour cette priode, telle quÕelle leur fut raconte par lÕaeule.
Malheureusement, les archives personnelles du notaire Joseph Papineau ont pri dans lÕincendie de la residence de son petit-fils Joseph Benjamin Nicolas Plaisance.
QuÕil suffise de prsenter ici trois documents:
1.-
Le contrat notari et le certificat de mariage de Samuel
avec
Catherine Quevillon le 16 juin 1704. LÕofficiant, le pre sulpicien
Jean
Bouffandeau, natif de Cholet, donc Venden comme Samuel, connaissait
certainement le prieur et la ville de Montigny. Il inscrira dans le
registre: ŅSamuel Papineau dit Montigny, fils de Samuel
Papineau et de Marie Delain ses pre et mre de la ville de Montigny en
la
province du Poitou dans le royaume de FranceÓ. (annexe B.-4,-)
2.- pitaphe dans la chapelle funraire des Papineau au manoir de Montebello, commmorant la mmoire des parents du jeune soldat qui vint en Nouvelle-France.
(concue et excute vers 1885 par Ls.-J.-Amde Papineau, fils du patriote Louis-Joseph Papineau)

la Mmoire de
SAMUEL PAPINEAU
de la Papinire, commune de Montigny
en Poitou, dÕOrigine Gallo-Romaine*
et de MARIE de LAIN son
pouse
Victimes des Guerres de Religion**
Lui, Mort avant 1686. Elle aprs cette anne
* LÕinscription ŅdÕOrigine Gallo-RomaineÓ est du cr de Amde qui avait vu de nombreuses ruines gallo-romaines pendant son sjour en Poitou en 1878. Il associera aussi le nom de Papineau celui de Papinien, en latin, Aemilius Papinianus, un des plus grands juristes romains, mis mort en 212 par lÕempereur Caracalla. Ce Papinien avait servi dans les provinces romaines sur le Rhin et peut-tre en Gaule.
Concidence, en ancien patois venden, Papineau se prononce Papinia.
** Pour des interprtations possibles du libell Ņvictimes des guerres de religionÓ, voir le chapitre 1.7.2. Les anctres de Samuel Papineau taient-ils huguenots?
3.- Blason de Gilles Papineau, frre prsum de Samuel. Selon le gnalogiste Denis-Benjamin II Papineau, Samuel Papineau dit Montigny qui vint en Nouvelle-France en 1688 tait peut-tre le jeune frre de celui quÕil remplaa en se portant volontaire dans la recrue de 1688: ŅGilles Papineau, greffier des rolles de la paroisse de la BoissireÓ qui fut gratifi dÕun blason :
(Armorial gnral du Poitou, de Charles DÕHOZIER, pour
Maulon, Gnralit de Poitou. Recueil officiel dress en vertu de
lÕdit de
1696.
L.Clouzot, libraire Niort, 1878. p. 63)
La paroisse de la Boissire et la ville de Maulon, autrefois Chatillon-sur-Svre, sont voisines de Montigny et 1696 correspond la prsence de la famille de Samuel Papineau Montigny.
Libre aux Papineau du 21e sicle dÕemprunter son blason ce grand-oncle franais du 17e sicle.

De sable, sem dÕtoiles dÕor et de billettes dÕargent
1.7.1 Ė
la recherche de Montigny en Poitou et de lÕemplacement de La Papinire
Il existe plusieurs documents qui identifient le lieu dÕorigine du premier Papineau.
Les premiers manuscrits officiels sont:
1.- la concession devant notaire dÕune terre qui lui est faite le 25 avril 1699 par les Messieurs de Saint-Sulpice de Paris, seigneurs de lÕle de Montral,
2.- le certificat de baptme de Franois Cardinal le 12 septembre 1701 o: Samuel Papineau, profession, volontaire, est identifi comme parrain. Le pre, Pierre Cardinal, de Fontenay-le-Comte, ville situe prs de Montigny, sera aussi tmoin lors de la signature en 1704 du contrat de mariage de Samuel.
3.- le contrat de mariage du 6 juin 1704, devant matre Pierre Raimbault, notaire royal Ville-Marie.
4.-
lÕacte
du mariage le 16 juin 1704 par le
pre Jean Bouffandeau, prtre de Ville-Marie desservant la paroisse de
St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, aprs publication rglementaire
des trois bans les 1er, 8e et 15e jours de
mai 1704. Or le pre Bouffandeau est un ŅpaysÓ
de Samuel, tant originaire de Cholet, en Vende. Il inscrit dans
lÕacte: ŅSamuel Papineau dit Montigny, fils de
Samuel Papineau et de Marie Delain, ses pre et mre, de la ville de
Montigny
en la province de Poitou dans le royaume de FranceÓ.
Or ces quatre premiers documents, rdigs devant des tmoins connaissant Samuel Papineau dit Montigny, identifient ses pre et mre et son lieu dÕorigine.
Des descendants successifs ont cherch renouer avec le lieu natal de lÕanctre.
Louis-Joseph Papineau (1786-1871), lÕarrire-petit-fils de Samuel Papineau dit Montigny, a sjourn en France deux occasions: dÕabord aprs sa mission Londres en 1823, sous mandat de la Chambre dÕAssemble pour aller combattre le projet dÕunion du Bas-Canada, francophone et prospre, avec le Haut-Canada, anglophone et endett.
Il se rend par la suite Paris et Fontainebleau dÕo il rapporte un ceps de vigne de chasselas dor quÕil plante dans le jardin de la maison familiale de la rue Bonsecours, selon son fils Amde.
(Souvenirs de jeunesse, 1822-1837, page 30., Georges
Aubin, Les cahiers du Septentrion).
Louis-Joseph Papineau est-il all Montigny cette occasion?
On ne le sait pas car il nÕexiste aucune lettre de lui pendant ces cinq semaines passes en France. On ne le croit pas car il cherchera encore ses racines ancestrales environ vingt ans plus tard pendant son exil en France.
Par contre, selon le texte du meilleur gnalogiste de la famille, le lieutenant-colonel Denis-Benjamin II Papineau (1892-1965), cÕest Louis-Joseph Papineau lui-mme qui ¬dit¬ que lÕanctre vient de la Papinire Montigny en Poitou, prs de Bordeaux (sic). Les archives abondantes du chef patriote sont muettes sur ce point. Il y a peut-tre eu erreur et que cette affirmation serait en ralit attribuable son fils Louis-Joseph Amde, qui, en 1878, arriva Montigny en provenance de Bordeaux.
Le deuxime sjour du chef patriote Louis-Joseph Papineau en France se situe entre 1839 et 1845. Il a d sÕexiler comme proscrit dont la tte avait t mise prix avant le soulvement avort des Patriotes en 1837. Pendant son sjour, consacr en vain convaincre le gouvernement de Louis-Philippe et le peuple franais de venir au secours des Canadiens-franais, il faisait des recherches sur le rgime franais (1535-1763) aux archives du Ministre de la Marine Paris. Il y a collig 5000 pages dÕarchives historiques grce une bourse cet effet obtenue par son frre Denis-Benjamin (1789-1854), dput puis premier ministre-conjoint du Canada-Uni. Ces archives ont sans doute t utilises par Francois-Xavier Garneau pour son Histoire du Canada de 1845 et par son ami, le patriote OÕCallaghan, pour son Histoire de lÕtat de New-York. Plus tard, le gouvernement ingrat de Lafontaine demandera Louis-Joseph Papineau la restitution de la partie non utilise de cette bourse. Ces archives seront en partie dtruites en 1849 lors de lÕincendie, par les meutiers anglais, du parlement de Montral sigeant au march Ste-Anne.
Pendant lÕexil parisien de la famille de Louis-Joseph, son fils, Ls-J. Amde, a pass quelques mois Paris. Il rapporte dÕabord en date du 17 mars 1843, dans son ¬Journal dÕun Fils de la Libert, 1838-1855¬, (Georges Aubin, page 566) quÕil tait Ņparvenu fixer la date du dpart de son aeul ¬Simon¬ (sic), en 1665, dans le rgiment de Carignan-SalliresÓ. CÕest une erreur incontestable car cela aurait donn Samuel, de sa naissance +/-1645 son dcs en 1737 environ 92 ans au lieu de 67 ans, et 49 ans au lieu de 34 ans son mariage en 1704 avec Catherine Quevillon qui avait 18 ans.
Et ils eurent neuf enfants! Amde admet plus tard son erreur de date mais sans en offrir une autre qui serait la bonne.
Trente-cinq ans plus tard, Amde aura plus de chance.
On peut trouver confirmation dans les carnets de voyage dÕAmde pour lÕanne 1878 et une note manuscrite dont il envoie copie son cousin Godefroy, petit-fils de Denis-Benjamin. En voici un rsum:
Il avait pass les quatre mois dÕhiver Alger avec sa famille et rentrait sur Paris en traversant lÕEspagne et le Sud-Ouest de la France. Le 13 avril il est Bordeaux, le 14 Angoulme o il rencontre le pasteur Livre qui lui remet les trois volumes de son Histoire des Protestants du Poitou, une chronique virulente des atrocits commises par les catholiques pendant les guerres de religion. Le petit-fils de Livre, Pierre Dez, professeur Poitiers, reprendra ce travail en 1935.
Pendant ce priple, Amde rencontre aussi le clbre gnalogiste Beauchet-Filleau qui vient de complter une compilation de la noblesse poitevine. Au grand chagrin dÕAmde, nÕy figure pas le nom de son anctre. Le petit-fils de Beauchet-Filleau perptue ce travail et lÕautomne 1998 il nous a confirm ce verdict de son arrire-grand-pre: les Papineau ne faisaient pas partie de la noblesse poitevine.
Mais poursuivons le priple dÕAmde. Il se rend dÕAngoulme Poitiers le 15 avril et La Rochelle, lieu dÕembarquement, avec Rochefort, des soldats des Compagnies de la Marine partant pour la Nouvelle-France. Puis, le 17 avril il revient sur ses pas, vers Niort, la prfecture du dpartement des Deux-Svres o se trouvent les archives. CÕest ici quÕil se procure la carte du dpartement et peut y identifier Montigny. (soulign en rouge sur la copie de lÕoriginal de 1878, en annexe)
Le lendemain il sjourne lÕhtel Bressuire qui est la sous-prfecture dont relve Montigny.
Et en effet il note dans son journal pour le Vendredi saint 19 avril 1878: Ņ 5h. je pars seul pour Cerisay 7hÓ. Cerizay est la ville voisine de Montigny, mais il ne dit pas un mot de Montigny dans son carnet!
Heureusement son passage nÕest pas pass inaperu.
Le cur Grellier de Montigny, diocse de Poitiers, adresse le 1er mai une lettre libelle simplement: Ņ Monseigneur de MontralÓ disant quÕun noble personnage est venu Montigny le Vendredi saint dÕavril 1878:
Ņil a cueilli quelques touffes dÕarbustes comme
souvenir de son passage dans lÕendroit o serait n son trisaeul, il y
a deux
cent et quelques annes...lÕair de bont et de franchise quÕaccuse le
visage de
cet tranger, lÕobole quÕil a verse notre pauvre glise, ...les
larmes quÕil
a rpandues en lisant son crit remis par lui-mme entre les mains dÕun
des
membres de la municipalit: Samuel Papineau au
Canada,
dans lequel il est dsign comme de Montigny en
Poitou Ņ. (archives jyp)
Bien entendu monseigneur Fabre, vque de Montral, a remis la missive son voisin de la rue Saint-Denis, le juge Augustin-Cyrille Papineau, (arrire-grand-pre de lÕauteur) qui lÕa immdiatement poste le 24 mai son cousin Amde son htel, 20 rue du Bassin, Paris.
Si bien que Amde pouvait rpondre au cur Grellier le 13 juin une lettre dont nous avons le brouillon, o il pose quelques questions sur: Ņla mtairie La Papinire ... sur la carte trs dtaille du dpartement que je me procurai NiortÓ. Carte de 1878 de Lasailly. (en annexe)
Il sÕinforme aussi de la chane des titres jusquÕaux derniers occupants du nom de Pineau.
Dans cette mme lettre du 13 juin on trouve une phrase qui affirme: Ņla seule donne que jÕaie sur ma famille en France est lÕacte de mariage de SamuelÓ (du 16 juin 1704). En fait Amde ignorait quÕil y avait aux archives des notaires Montral o il tait proto-notaire, le contrat de mariage notari du 6 juin 1704 et lÕacte notari de concession dÕune terre par les sulpiciens en 1699 o est indiqu que Samuel est de Montigny en Poitou.
Un autre paragraphe peut jeter un certain clairage sur les affirmations postrieures et souvent rptes dÕAmde lÕeffet que ses anctres taient huguenots et victimes des guerres de religion, par exemple quand il rdigera lui-mme lÕpitaphe des parents du premier anctre en 1885. Ce qui est contredit par contre par sa lettre de 1878 au cur Grelier de Montigny:
ŅJe fus vivement impressionn en voyant votre glise
et quelques maisons du village la pense quÕelles existaient avant
lÕmigration de mon anctre et quÕil les avait vues et frquentes et
que les
cendres de ses pres reposent dans votre cimetireÓ.
Amde ne semble pas non plus raliser quÕen 1793, pendant les guerres de Vende, les colonnes infernales du gnral Trureau avaient brl et ras le bourg de Montigny et aussi La Papinire.
Puis on trouve dans le carnet dÕAmde une entre au mercredi le 26 juin 1878: ŅVisite M. Roboam du Plessis, maire de Montigny en Poitou, son htel 9 rue Pasquier, Paris. Il me promet des renseignements sur nos origines de familleÓ.
CÕest sans doute lui qui lui remet une carte topographique dtaille des environs de Montigny vers 1878 o on aperoit les noms de La Papinire et du chteau Plessis-Btard. (en annexe)
Nous avons rcemment dcouvert une carte topographique encore plus ancienne de Montigny.
Cette
carte
de
1766-1768 par Cassini (en annexe) est aujourdÕhui disponible sur
Gallica, le
site internet de la Bibliothque Nationale de France. Elle a donc t
confectionne la demande de Louis XV avant les destructions de 1793
des
guerres de Vende. Elle indique clairement La Papinire, son btiment,
un moulin vent et un moulin eau situ sur le ruisseau Papinire,
proximit.
En 2005 nos amis de La Papinire nous
disent
quÕil subsiste des accumulations de pierres de ces anciens moulins.
Ils
furent rass par les bleus car la
disposition des pales des moulins servaient aux Vendens de moyen de
communication
pendant les guerres de Vende.
Sur la carte de Cassini sont aussi identifis la gentilhomire du Plessis Btard, La Fort-sur-Svre, Courlay et Cerizay avec son abbaye de Beauchne.
En 1998, le conseiller municipal et enseignant Montigny, Jean-Michel Landry, nous a droul le plan cadastral de la commune. On y voit quÕen plus de lÕhabitation La Papinire, il y a derrire la route rurale nomme La Papinire et un long ruisseau Papinire qui va se jeter dans la Svre Nantaise.
On peut aussi comparer ces cartes anciennes avec un dessin par lÕauteur (en annexe) des environs de Montigny en 2003.
Ainsi nous possdons des cartes de Montigny en 2003, en 1878 et en 1766 et pouvons situer correctement le lieu dÕorigine en France du premier anctre Samuel Papineau.
Amde Papineau nÕa pas laiss de traces subsquentes ses rencontres Montigny dans ses carnets ou dans sa correspondance .
Cependant en 1966 nous avons rencontr le maire de Montigny, suivi d'une nouvelle visite en 1969. Par la suite, en novembre 1998 et en mai 2000, nous avons sjourn chez le comte Robert Des Dorides, du chteau Plessis-Btard.
Il nous apprend que le comte Roboam Du Plessis, le maire de Montigny rencontr par Amde en 1878, tait son arrire-grand-pre.
Il existe peu de traces de visites subsquentes Montigny des nombreux descendants Papineau et Bourassa du Qubec qui se rendirent en France au dbut du 20e sicle.
Par contre, la notorit des Papineau du Canada sÕtait bruite. On retrouve dans un manuscrit de lÕabb Tricot, cur de Montigny de 1930 1965, quÕil avait lu le livre de Robert Rumily, dition de 1934, sur Louis-Joseph Papineau et en avait t trs difi.
Il crit aussi: ŅEn 1949, le club olympique de Cerizay baptisa son stade...Papineau. Ė cette occasion un attach de lÕAmbassade du Canada Paris vint prsider le festivalÓ. En mai 2000 nous cherchons en vain Cerizay le stade Papineau qui a chang de nom.
Plus
loin: ŅEn 1954 est venue me voir, vers mars, une
demoiselle Papineau de Chicago qui avait pris un engagement dÕun an
dans
lÕarme amricaine. Elle faisait la classe des enfants dÕofficiers
amricains
La Roche-sur-Yon. (prfecture de la Vende).....Elle me dit que sont
nombreuses Chicago les familles migres du Canada.....mme quÕentre
elles,
elles sÕappellent Papineau Montigny....elle est venue trois fois me
voir.Ó
Lors de ces visites Montigny, qu'on appelle "bourg", nous avons retrouv ¬La Papinire¬. (l-bas, on dit village pour une agglomration de deux ou trois maisons).
Il est compos de deux fermes mitoyennes installes sur une hauteur dominant un paysage dÕune grande beaut. La ligne des propritaires serait les Papineau, puis les Pineau jusquÕ 1873, suivi des Cousineau. Le propritaire en 1966 est M. Mrine de Angers, qui est introuvable en 1998. CÕest son notaire qui transigeait avec les deux exploitants, l depuis 1945, la famille Rousselot et la famille Devaud, avec qui nous parlons longuement en 1966. Trs gentils, ils nous disent savoir que les anciens propritaires ont eu des descendants devenus clbres au Canada, et lÕoccasion ils ont des visiteurs qui se rclament de cette filiation.
Il semble que tout ce quÕil reste des btiments de la priode de Samuel Papineau et de ses descendants immdiats soit le vieux four extrieur qui, selon la tradition vendenne, est utilis une fois lÕan pour cuire la galette de Pques. Tout le reste avait t incendi en 1793-1794 par les colonnes infernales la fin des guerres de Vende.
Lors de notre rencontre en 1966 avec le maire de Montigny, il nous informe que les archives de la commune ont servi chauffer les vieillards rfugis dans lÕhtel-de-ville pendant la dernire guerre.
Ė lÕautomne 1998 nous nous rendons de nouveau Montigny. Nous sommes accueillis au Plessis-Btard par le comte Robert Des Dorides, et par son pouse Isabelle Des Dorides, qui est maire de la commune de La Fort-sur-Svre qui englobe maintenant le bourg de Montigny. Nous rencontrons aussi Jean-Michel Landry qui est lÕinstituteur lÕcole primaire de Montigny et aussi conseiller municipal de Montigny et La Fort. Ė notre grande surprise, aucun de ces personnages ne connaissait lÕhistoire et les antcdents locaux des Papineau. Ce que nous corrigeons en leur laissant des exemplaires des deux tmes du Julie Papineau de Micheline Lachance, du Denis-Benjamin Papineau de Claude Baribeau et de LÕhistoire de la seigneurie de la Petite Nation de Claude Lamarche.
Ils
nous
font
rencontrer un artiste du nom de Rousselot, qui a amass quelques
documents
historiques dont des notes du cur Tricot dont il nous cde gentiment
copie.
Cela contient quelques anecdotes sur des visiteurs relis aux Papineau,
et un
note historique sur les origines de Montigny: ŅLe
cartulaire de lÕabaye de la Trinit de Maulon mentionne lÕexistence
en 1123 de la paroisse de Saint-Pierre de Montigny et de son
prieur-cure. Elle
dpendait du doyenn de Bressuire, de la baronnie de La
Fort-sur-Svre, de la
snchausse de Poitiers et de lÕlection de ThouarsÓ. (Dtails en
annexe)
Nous revoyons galement les maisons constituant La Papinire. Les habitations et les environs ont t compltement moderniss depuis 1969. Malheureusement les occupants, Darvaud et Rousselot, les mmes quÕen 1966 taient absents et nous nÕavons pu les saluer.
Ė lÕoccasion de ce voyage de 1998 nous avions voqu la possibilit dÕun jumelage entre Montigny et Papineauville, soit au niveau municipal ou scolaire. Lors du dernier voyage en mai 2000, nous avons la joie de rapporter des messages des jeunes de Plaisance et Papineauville et les coliers de Montigny nous font parler longuement de lÕhistoire de la Nouvelle-France et du premier anctre Papineau parti de chez eux il y a 300 ans.
En 2005, surprise chez les Papineau. Nous recevons des messages de Jean Geay, n la Papinire il y a une cinquantaine dÕannes. Sa mre, dcde, tait une Cousineau. Il nous fera rencontrer sa tante Reine Cousineau-Larus qui habite la commune voisine de Le Pin et nous accompagne galement chez les occupants actuels, Raymond et Thrse Rousselot. Ils sont la retraite et ils ont bien du mrite dÕaccueillir gentiment les nombreux Papineau qui viennent visiter le lieu natal de leur anctre Samuel.
PITAPHE DANS LA CHAPELLE FUNRAIRE DES
PAPINEAU AU MANOIR DE MONTE BELLO
(concue
et
excute vers 1885 par Amde Papineau, fils de Louis-Joseph
Papineau).

Transcription
de
la partie infrieure,
(avec
corrections*)
Ė
la
Mmoire de
SAMUEL
PAPINEAU
II
migr
au
Canada en 16_ _* dans lÕarme
Franaise**,
puis
Colon la Rivire-des Prairies***
(Ile
de Montral) Mort 23 dÕAvril 1737
Et de
CATHERINE QUEVILLON son pouse
Morte
en
1773****
(* en 1688)
(** les Troupes de la Marine sont
indpendantes de lÕarme franaise)
(*** la
Cte-St-Michel et non Rivire-des-Prairies)
(**** elle est dcde en 1781, lÕge
de 95 ans)
Le lieu dÕorigine de
Samuel Papineau est donc selon plusieurs
sources concordantes:
le village de La
Papinire,
dans le bourg de Montigny,
aujourdÕhui, La Fort-sur-Svre,
(autrefois appele: Baronie de La
Fort sur Svre)
dans le canton de Cerizay,
sous-prfecture Bressuire,
prfecture Niort du Dpartement
des Deux-Svres. (cr la Rvolution en 1789)
Montigny est limitrophe de la Svre
Nantaise qui, cet endroit, est la frontire des Deux-Svres avec la
Vende.
Cette rgion est aussi appele le Bocage Venden, ne pas confondre
avec le
Marais Venden que borde lÕAtlantique plus lÕouest. On appelle aussi
La Gtine
ces collines leves au plus dÕune centaine de mtres qui courent
grosso modo
dans lÕaxe de Nantes Limoges.
LÕancien Bas-Poitou dans la France
de lÕOuest, appartenait la province du Poitou, avec vch Poitiers.

(carte
jyp
2000)
Les
premiers habitants identifis au Poitou faisaient partie de la
nation appele Pictons ou Pictaves qui fut subsquemment combine aux
peuplades
voisines, dont les Vntes (Vannes) situs au nord-ouest, les anctres
de ces
Bretons qui furent les derniers rsister lÕinvasion de lÕEmpire
Romain et
de ses lgions.
Poitiers,
la
capitale du Poitou, assimila trs tt la culture
grco-latine et fut un des premiers centres de rayonnement culturel en
France.
Rabelais nous le rappellera plus tard avec bonheur.
On
peut voir lÕpanouissement de la civilisation cette priode en
visitant les ruines gallo-romaines dcouvertes rcemment Sanxai sur
la route
entre Niort et Poitiers : aqueduc et thermes, temple de 75 mtres,
thtre de
10,000 places.
Pour
son plus grand malheur pendant les sicles suivants, le Poitou a
t le lieu de passage obligatoire des envahisseurs qui sillonnrent la
France
du nord au sud et de lÕest lÕouest.
Aprs
la
chute de lÕEmpire Romain dÕOccident en 476, les Poitevins
devenus de paisibles Gallo-Romains connurent la fureur tour tour:
į
des Cimbres venus du
nord,
į
des Francs de Clovis
qui la bataille de
Poitiers en 507 ont vaincu les tribus venues du sud,
į
des Visigoths, qui
occupaient lÕEspagne et lÕAquitaine,
į
des Sarrasins (arabes
musulmans), arrts
Poitiers par Charles Martel en 732,
į
des guerres de
Charlemagne jusquÕ son sacre en
lÕan 800,
į
des Vikings, venus
des brumes scandinaves,
aussi appels Ē northmans Č, qui ravagrent les pays de la
Seine et
de la Loire jusquÕau trait de 912 de Ste-Claire-sur-Epte qui les
fixait en
Normandie sous le nom de Normands,......dÕo ils partirent conqurir
lÕAngleterre
!!!
į
des Anglais suite au
mariage dÕAlinor DÕAquitaine
avec Henry II Plantagent, qui fit du Poitou une province anglaise et
amena la
guerre de cent ans jusquÕ ce que Jeanne dÕArc et le poitevin
DuGuesclin les Ē boutent hors du Royaume de
France Č.
į
Finalement, ce furent
les Allemands qui laissrent des souvenirs
dsagrables dont les dportations de 4000 Vendens au travail
obligatoire et
des dizaines de rsistants fusills Cerizay aux combats de la
Libration en
1944.
Le
Poitou fut de plus un des foyers principaux des guerres de religion
qui dvastrent rptition les plus belles villes de la rgion.
Depuis les
prches de Jean Calvin Poitiers en 1534 et son proslytisme doctrinal
et
politique partir de son refuge de Genve, soit pendant les seizime
et
dix-septime sicles, elles opposrent les Franais dans des luttes
fratricides, souvent par mercenaires interposs, Ē rtres
et
lansquenets Č venus de lÕEurope centale.
Ces
hordes ont oscill entre La Rochelle, la protestante, et Paris, la
catholique, jusquÕ lÕabjuration providentielle de Henri IV et la
rconciliation apparente apporte par la proclamation de lÕdit de
Nantes en
1598.
Les
terribles guerres de Vende de 1790 1795 entre les Bleus des
armes rpublicaines et les Blancs de Ē la
grande arme catholique et royale Č dvastrent encore plus ce
coin de
pays.
Sous
la Terreur, les Bleus suivirent le mot lanc depuis la tribune de la
Convention par Barrre: Ē il faut
dtruire la Vende Č.
CÕest
dÕailleurs
notoire que les Vendens, comme avant la rvocation de
lÕdit de Nantes en 1685, sont encore, la Rvolution Francaise cent
ans plus
tard, les dfenseurs de la royaut et de la religion catholique. Le sud
du
Bas-Poitou, dont Niort et La Rochelle, rgions traditionnellement
huguenotes
dans la noblesse et dans les classes commerantes, se rfugie alors
dans la
neutralit.
Ē Cette arme en sabots Č
nÕen connut pas moins plusieurs victoires des Ē ventre--choux Č,
surnom
donn
aux Vendens, dcoulant de leur habitude de maquisards de faire
feu en
position couche...dans les choux, avant dÕattaquer au cri en patois
venden de
Ē Rembarre, (en avant) pour la
religion et le roi Č.
Aprs
plusieurs victoires, les
Vendens connurent leur premire grande dfaite le 13 octobre 1793
devant Cholet dans un endroit
situ entre Ē la lande de la
Papinire et Bois Saint-Lger Č (aucun
lien avec La Papinire de Montigny)
Aprs
cette
dfaite et la non moins sanglante Ē Vire de Galerne Č
de lÕarme vendenne au nord de la Loire, avec femmes et enfants fuyant
la
rpression, la rgion de Montigny,
Cerisay, Bressuire, La Fort-sur-Svres et son chteau
Ē fut
ravage le 14 mars 1794 par les colonnes infernales du gnral Grignon,
ancien
marchand de boeufs qui se fait fort de tenir une comptabilit
rigoureuse des
Vendens abattus par lui et se vante dÕen avoir occis 200 en une seule
journe
aux abords de Bressuire Č. On brla les habitations et les
fermes dont
lÕhabitation originale de La Papinire Montigny, et bien peu
chapprent au
massacre.
Ė la
plus grande honte de la Premire Rpublique, le nom du gnral en
chef Trureau qui prsida ce
carnage est aujourdÕhui grav sur lÕarc de triomphe Paris.
Ce
fut une bien mince consolation que Napolon dclare plus tard, la
vue de lÕhroisme des Vendens: Ē CÕtaient
des gants Č et les exonre de la conscription requise par les
guerres
napoloninnes.
On
retrouve aujourdÕhui plusieurs muses qui perptuent le drame
venden, dont le plus remarquable est le gigantesque
Puy-du-Fou quelques kilomtres lÕouest de Cholet.
La
marquise de Larochejacquelain, pouse dÕun gnral venden, mentionne
dans ses mmoires le nom du patriote Bourasseau, qui tait le patronyme
dÕorigine
de lÕanctre Francois Bourassa venu en Nouvelle-France depuis
Saint-Hilaire de
Loulay, prs de Montaigu, en Vende.
Les
Bourassa allis aux Papineau deviendront clbres dans lÕhistoire du
Qubec, dont lÕartiste Napolon Bourassa qui pousa Azlie, une fille
de
Louis-Joseph Papineau.
Leur
fils, Henri Bourassa, homme politique et journaliste, fut le
fondateur en 1910 du rput quotidien Le
Devoir.
Il a mari Josphine Papineau, lÕarrire-petite-fille de Denis-Benjamin Papineau, homme politique et frre de Louis-Joseph.
pitaphe dans la chapelle funraire des
Papineau
au manoir de Montebello (et transcription JYP).

Ė
la Mmoire de
Samuel Papineau,
de la
Papinire. Commune de Montigny
en
Poitou. dÕOrigine Gallo-Romaine.
et de Marie de Lain son
pouse.
Victimes des Guerres de Religion.
Lui, Mort avant 1686. Elle aprs
cette anne.
Elle
a t rdige en 1885 par Louis-Joseph Amde Papineau (1819-1903),
fils du chef patriote Louis-Joseph Papineau (1786-1871). LÕoriginal du
dessin
de sa main se trouve aux archives nationales du Qubec dans la ville de
Qubec,
Collection Joseph Papineau, cote P 417.
On y
lit que Samuel Papineau, de La Papinire Montigny en Poitou,
dcd avant 1686 et son pouse, Marie Delain, dcde aprs 1686,
auraient t
victimes des guerres de religion.
Ils
sont les parents du premier anctre des Papineau en Nouvelle-France.
LÕanne
1686
mentionne correspond la rvocation
de lÕdit de Nantes par Louis XIV en 1685.
LÕdit
de
Nantes, tait un pacte de tolrance permettant la coexistence
entre la religion dÕtat, catholique
et gallicane-romaine, et la religion rforme
prche
par le Franais Jean Calvin, rfugi
Genve.

Henri IV signant
l'dit de Nantes. gravure d'poque
LÕdit
de
Nantes avait t
dict en 1598 par Henri IV, ci-devant roi de Navarre, aprs sa
conversion la religion catholique. Il en tait venu ce choix
difficile en
jugeant que cÕtait indispensable pour ramener la concorde dans la
France
dchire par les guerres de religion fratricides en cours depuis le
dbut du
seizime sicle. On attribue Henri IV la rplique reste clbre: Ē Paris vaut bien une messe Č.
LÕdit
de
Nantes avait donn une certaine libert de culte aux
calvinistes, lÕaccs certaines charges publiques et le contrle de
quelques
places fortes, si bien que cÕtait de facto donner une religion, le
calvinisme, un caractre politique et militaire.
Malheureusement
la
noblesse et les marchands calvinistes ont utilis
cette base de pouvoir pour combattre avec plus dÕardeur encore les
institutions
de la majorit catholique gallicane, et ont russi ainsi dstabiliser
la
France.
Finalement,
Louis
XIII et le cardinal Richelieu ont d recourir la
force pour rtablir la scurit du royaume. En 1627-1628 eut lieu le
sige de
la ville de La Rochelle qui avait appel lÕAngleterre son secours
pour
dfendre ses vellits dÕautonomie.
Dans
les premires annes de son rgne, Louis XIV avait vit le pige
des guerres de religion, occup quÕil tait la guerre contre les
trangers
pour assurer la permanence des frontires alors que le gnial Colbert
travaillait ramener la prosprit.
Mais
le problme de lÕtat dans lÕtat demeurait.
Les
huguenots sÕopposaient mme la politique franaise qui tentait
dÕaugmenter
lÕautonomie du gallicanisme lÕendroit de Rome.

Louis
XIV
Dj,
quelques
annes avant la rvocation de lÕdit de Nantes en 1685,
le roi Louis XIV, son confesseur, le pre Lachaise, sa maitresse et
plus tard
pouse, madame de Maintenon, le prdicateur Bossuet et lÕintendant
Louvois qui
avait succd au rformiste Colbert, dcd en 1684, avaient encourag
la
conversion force des calvinistes la religion catholique.
Non
content de leur avoir enlev leurs prrogatives, on voulait obtenir
leur abjuration par la coercition et la violence si ncessaire.
Une
des pratiques tait appele les Ē dragonades Č
car on imposait aux familles huguenotes lÕhbergement onreux des
compagnies de
dragons, avec mission dÕobtenir des abjurations, par la force si
ncessaire.
Les historiens estiment que ces brimades ont amen
lÕexil dÕenviron 200 000 Francais rformistes, en grand
nombre issus de la noblesse et de lÕlite industrielle et commercante.
Ces fuites,
dites vers Ē le refuge Č,
taient interdites et les coupables si repris taient sujets aux pires
exactions.
Les
ports dÕembarquement pour la Nouvelle-France taient
troitement
surveills et mme celui qui avait abjur devait dÕabord faire trois
ans de
probation avant de pouvoir sÕembarquer. Ceux qui russissaient
djouer ces
interdits taient vite reprs par lÕaumnier du navire et amens
abjurer
bord ou lÕarrive, sinon cÕtait le retour en France et la prison ou
les
galres royales Marseille. Ce qui explique certains baptmes et
confirmations, parfois groups,
que lÕon retrouve dans les archives de la Nouvelle-France.
Sans
doute cause de la notorit subsquente de certains descendants
Papineau, plusieurs auteurs ont avanc que la famille de Samuel
Papineau tait
huguenote ou de la religion prtendue rforme, comme la nommaient
pudiquement
les correspondances officielles.
Selon
madame
Anne Bourassa, arrire-petite-fille du chef patriote
Louis-Joseph Papineau, cette affirmation a eu son origine chez le fils
de ce
dernier, Amde Papineau.
On
sait que dans sa vieillesse Amde Papineau avait abjur la religion
catholique et en avait formellement avis le cur de Montebello, le 3
aot
1893, Ē je vous fais savoir et je
vous prie de prendre note, monsieur le cur, que jÕabjure et renonce
toute
allgeance et communion avec lÕglise catholique,...je la respecte
comme je
respecte toutes les opinions et croyances sincres et consciencieuses
mais je
crois devoir aujourdÕhui mÕadjoindre lÕglise presbytrienne
calviniste...qui
dÕailleurs fut la religion de mon pouse et qui est celle de mes
enfants et de
mes petits-enfants Č.
La
religion presbytrienne est la variante protestante introduite en
cosse par John Knox, disciple de Calvin Genve. Religion dÕtat en
cosse,
elle faisait chec la religion anglicane qui tait la religion dÕtat
en
Angleterre.
Amde
sÕtait
donc fait baptiser dans cette religion en mme temps que
son fils, lÕglise protestante de la rue Dorchester Montral.
On
sait aussi quÕil frquentait
le prtre apostat Chiniqui, lÕinvitant mme tenir des prches
au
manoir de Montebello, simulacre de Ē lÕglise
du dsert Č, pratique de rencontres clandestines des huguenots
aprs
la perte de leurs temples en France.
Dans
plusieurs de ses carnets qui racontent ses voyages en Europe avec
sa famille, aprs sa retraite comme protonotaire la cour suprieure
Montral, Amde attaque avec virulence les papistes, nom drisoire
appliqu
alors aux catholiques.
Ė
Toulouse, il assiste aux offices rforms, se rfrant aux Albigeois
perscuts la fin du douzime sicle, un anachronisme alors quÕil y
avait eu
de tels actes de violence Toulouse beaucoup plus rcemment durant les
guerres
de religion des seizime et dix-septime sicles.
Lors
de son voyage de 1878 en Europe, venant dÕAlgrie et dÕEspagne via
Bordeaux, il cherche et finalement trouvera, le vendredi-saint 19
avril, le
bourg de Montigny, lieu dÕorigine de sa famille. Il
dcrira
ainsi au cur Grelier de Montigny quÕil nÕavait
pu saluer cette occasion, cette premire visite dÕun descendant de
Samuel
Papineau au berceau de ses anctres: Ē je
fus vivement impressionn en voyant votre glise et quelques maisons du
village
la pense quÕelles existaient avant lÕmigration de mon anctre et
quÕil les
avait vues et frquentes et que les cendres de ses pres reposent dans
votre
cimetire Č (catholique !!!).
En
route pour Montigny, il avait rencontr Angoulme et Saintes deux
personnes qui vont par la suite colorer son discours.
Ė
Saintes, cÕest le gnalogiste Beauchet-Filleau, qui a fait la
biographie de toute la grande et la petite noblesse du Poitou, qui
lÕinforme quÕil
ne sÕy trouve pas de Papineau.
(Ė
lÕautomne 1998, le petit-fils de Beauchet-Filleau a rpt ce verdict
notre collaboratrice dans cette rgion, la gnalogiste Marguerite Morisson).
Ainsi,
le
blason (dit de convenance) accord par le roi Gilles
Papineau, de la paroisse de La Boissire prs de Maulon, et donc prs
de
Montigny, ne reprsente aucunement un titre de noblesse. DÕailleurs le
bnficiaire
suivant dans la liste du Matre dÕarmes Dozier est ...le cur de La
Boissire,
sans doute en rcompense pour avoir dnonc les huguenots de sa
paroisse.
Le
15 avril 1878,
Angoulme, Amde rencontre le pasteur Auguste-Franois Livre,
minent
calviniste qui lui donne un exemplaire de sa publication en trois
volumes sur Ē les martyrs Poitevins Č,
laquelle raconte les perscutions durant les guerres de religion. Le
petit-fils
de Livre, Pierre Dez, professeur au lyce de Poitiers, sÕen est
inspir pour
crire sur le mme sujet en 1936. Il est trs vident que cÕest l
quÕAmde
Papineau sÕest inspir pour inventer lÕhistoire tragique des racines
huguenotes
de ses anctres.
Il
existe de nombreux crits dÕAmde ce sujet qui vont par la suite
tre repris mme par les historiens les plus srieux, mais surtout par
les
proslytes de la thorie dÕune influence huguenote importante dans le
peuplement de la Nouvelle-France.
Dans
une des tudes les mieux documentes sur le sujet, lÕhistorien
Robert Larin estime leur nombre, lÕarrive en Nouvelle-France, de 6%
8% des
10,000 Franais qui se sont implants demeure. Ce chiffre aura
considrablement diminu aprs les abjurations et les intermariages
avec des
catholiques.
Aprs
lÕinvasion
de 1759, lÕAngleterre favorisera la venue de huguenots
francophones dÕAngleterre, de Suisse et, insulte suprme, de France,
pour
servir dans sa bureaucratie coloniale.
Un
examen dtaill dmontre les nombreuses contradictions dans les
arguments dÕAmde Papineau lÕeffet que les anctres Papineau taient
huguenots.
Le
10 mai 1894, il rpond une lettre dÕun Amricain du Kansas du nom
de William Popenoe, descendant du huguenot Jean Papineau de Niort, dont
le fils
tait venu le visiter au manoir de Montebello:
Ē I have no doubt you belong
to the race of Papineaus. Their
history is a curious one. Their section in France was La Papinire,
town or
parish of Montigny, in the
province of Poitou, and now the
department of Deux-Svres. They
were noble and entitled to the prefix of ĒDe Papineau Č. They were
huguenots, that is french calvinists, and persecuted under Louis XIV.
Some were
killed and others fled, some to England, some to Germany, one to Canada
about
the year 1686 or 87....The Papineau who came to Canada had to feign
conversion
to catholicism or be driven afar to Boston or New-York... Č
Le
14 octobre 1894, Amde crit son neveu Gustave Bourassa
(1860-1904) devenu prtre : Ē mais
nÕoublie pas, mon cher neveu, quÕaprs avoir ador Dieu sous le nom de
Jupiter
Rome, nos anctres, colons romains au Poitou, y sont devenus
chrtiens, puis
catholiques, puis huguenots et sous cette dernire volution, furent
horriblement perscuts, les uns tus, les autres chasss de leur
patrie, les
uns en Hollande, dÕautres en Angleterre, un en Virginie, un autre au
Canada...Samuel II. JÕavais peu
prs toutes ces connaissances de nos anctres lors de mon voyage
Montigny (en
1878). JÕy priais le Dieu de lÕhumanit entire au pied de la croix du
cimetire comme ensuite dans lÕglise catholique qui fut pendant un
sicle un
temple calviniste Č. (affirmation que des notables de Montigny
dÕaujourdÕhui ont rfute).
Dans
une lettre du 21 avril 1896 en rponse aux interrogations de son
fils Louis-Joseph IV Papineau et qui est certainement reprsentative de
ce quÕil
sait vraiment au sujet de son premier anctre, Amde crit (en
anglais!): Ē Samuel Papineau who came to Canada
was probably a huguenot refugee who to escape being killed enrolled
himself as a
soldier Č. Traduction: Samuel Papineau qui vint au Canada
tait probablement un rfugi
huguenot qui pour viter la mort s'enrolla comme soldat'
Noter
le
Ē probably Č, car ce Ē probablement Č
contredit les affirmations premptoires prcdentes.
En
conclusion, il est de mise dÕignorer le tmoignage Ē pro
domo Č
dÕAmde Papineau sur lÕorigine huguenote des anctres franais
Papineau.
Ce
que nÕa pas fait le pasteur Durieux Duclos dans son Histoire
du
protestantisme franais au
Canada et aux Etats-Unis, publie par la Librairie vanglique, de
Montral, au dbut du 20e sicle. Il cite presque
textuellement les
crits dÕAmde Papineau pour affirmer de Samuel Papineau:
( nous avons appris tout rcemment ses origines huguenotes),
ainsi que quelques-uns de ses descendants sont, par allgeance , par
comportement, ou autrement, des protestants.
En
contrepartie, plusieurs autres faits et documents plaident en faveur
dÕune appartenance des anctres Papineau la religion catholique.
Plusieurs
historiens
(Livre, Dez, Archange Godbout, Robert Larin), qui
ont tudi les concentations de huguenots dans le Poitou et le
dpartement des
Deux-Svres notent leur petit nombre au nord o se situe Montigny par
opposition au trs grand nombre dans le sud, le Niortais car Niort,
situe sur
la Svre Niortaise tait une presque banlieue de la protestante
LaRochelle.
Dans
le village voisin, 3 kilomtres de Montigny, se trouve le chteau
de La Fort-sur-Svre appartenant alors Philippe Duplessis Mornay,
ancien
conseiller dÕHenri IV et surnomm Ē le
pape des huguenots Č. Aprs son dcs en 1623, son gendre a
publi ses
mmoires qui, selon un occupant actuel du chteau, dmontrent quÕil
avait une
grande tolrance lÕendroit de ses voisins catholiques. De plus,
Duplessis-Mornay devait faire venir le pasteur Daill de la ville de
Pouzauges,
30 kilomtres plus loin, pour la prche et pour lÕinstruction de ses
enfants,
une preuve additionnelle que le bourg de Montigny nÕtait pas
dÕobdience
protestante.
Si Samuel Papineau dit Montigny
avait t huguenot, il aurait certainement appris comme tous les petits
huguenots de son temps lire la bible en franais et sans doute aussi
appris
crire avant son dpart en 1688 lÕge de 18 ans. Or dans les nombreux
actes
o il intervient Montral partir de 1699, le notaire inscrit quÕil
ne sait
signer.
Il
nÕy a pas eu non plus dÕempchement son dpart de La Rochelle le 21
mars 1688. Aucun document dÕarchive nÕindique quÕil ait d abjurer
auprs de lÕaumnier
pendant la traverse, ni quÕil ait t baptis son arrive Qubec.
On
perd sa trace pendant ses 10 ans de service militaire, jusquÕau 27
avril 1699 lorsquÕil acquiert des sulpiciens, seigneurs de Ville-Marie,
une
terre la Cte-St-Michel de Montral.
Par
la suite on assiste un parcours de bon catholique. Il est parrain
le 12 septembre 1701 au baptme de Franois, deuxime fils de Pierre
Cardinal,
son Ē pays Č venden de
la ville de Fontenay-le-Comte. CÕest dÕailleurs cette occasion quÕil
dcline
firement pour la premire fois: profession:
volontaire.
Puis
le 8 juin 1704, avec comme tmoin le mme Pierre Cardinal, il signe
un contrat avec Catherine Quevilllon, promettant le mariage devant Ē notre sainte mre lÕglise
catholique, apostolique et romaine Č, ce quÕils feront le 16
juin
devant le pre Jean Bouffandeau, un autre Venden, en lÕglise de
Saint-Joseph
de la Rivire-des-Prairies.
Ils
auront neuf enfants, tous baptiss et tous maris lÕglise, qui
leur tour leur donneront quatre-vingt-treize petits-enfants baptiss.
Un
des fils de Samuel, Joseph I, qui sait signer et sÕest enrichi la
traite des fourrures, devient artisan et bourgeois Montral. Il a
comme proches
voisins de sa rsidence de la rue Saint-Paul prs de la rue Bonsecours,
les
prtres Sulpiciens qui veilleront lÕducation de ses enfants. LÕune
deviendra
religieuse, mre St-Olivier de la Congrgation Notre-Dame. Deux fils
iront
tudier au Sminaire de Qubec, dont Joseph II qui deviendra dput de
Montral, lu en 1792, 1796, 1800 et 1810. Membre de la premire
chambre dÕassemble,
il y dfendra la langue et la foi des descendants des pionniers
franais.
Ses
fils Louis-Joseph, Denis-Benjamin, Andr-Augustin et
Toussaint-Victor suivront la mme voie au Sminaire de Qubec, les trois premiers dans lÕarne
politique, le quatrime comme prtre.
Tous
assez libres-penseurs et certains mme anti-clricaux, aucun dÕeux
nÕa crit que son arrire-grand-pre Samuel tait huguenot.
Ē Compagnies franches de la
Marine Č.

Soldats
des
Compagnies franches de la Marine.
Aquarelle
anonyme
du 17e. sicle
Voici
comment
seront recruts les successeurs des Troupes de la Marine,
par avis aux beaux hommes! :


Un
officier des Compagnies franches de la Marine Marseille en 1754.
Peinture de Joseph Vernet
Comme
on
peut lÕimaginer, ceci nÕtait pas le lot des troupiers.
Le
gnial peintre aux armes de France, Eugne Leliepvre, a illustr
pour Parcs Canada le troupier et aussi lÕaccostage et le dbarquement
beaucoup
plus prosaques dÕune Compagnie des Troupes dans un campement
dÕAmrindiens.

Soldat des Compagnies franches de
la Marine
Eugne
Leliepvre,
peintre aux armes de France Parcs
Canada



PER
MARE ET TERRAS, par mer et par terre, la devise des Troupes de la
Marine.
Les
Ē Dtachements Č sont aussi connus comme Ē les
Troupes de la Marine Č et aprs 1700, Ē Compagnies franches
de la
Marine Č.
Elles
ont
t cres lÕinstigation de Louis XIV et de Colbert qui
voulaient un corps dÕarme destin spcifiquement au service dans les
ports du
royaume et dans les colonies.
En
temps de paix, elles seraient appeles sÕy fixer pour acclrer la
colonisation.

LÕintendant
Colbert,
qui tait la fois ministre des Colonies et ministre
de la Marine, imagina cette formule qui lui permettait dÕviter les
structures
plus lourdes de lÕarme de mtier dont faisaient partie les rgiments
de
Carignan-Sallires envoys en Nouvelle-France en 1665.
Aprs
leur
dmobilisation en 1668, bon nombre des officiers de ces
rgiments obtinrent des seigneuries et russirent convaincre leurs
soldats de
sÕy faire habitants. Ce devint le modle prconis par Colbert.
Si
bien quÕentre 1668 et 1683 il nÕy eut pas de troupes rgles et
seules les milices canadiennes assurrent la dfense de la
Nouvelle-France.
Puis
ce fut lÕarrive des premires Compagnies des Troupes de la Marine
envoyes en Canada prcipitamment en 1683 pour faire face la reprise
des
hostilits par les Iroquois, soudoys par les Hollandais de la
Nouvelle-Angleterre.
Capitaines
des
35 compagnies traverses entre 1683 et 1688.

Jean
Leclerc (collge des Jsuites, Qubec)
Mmoires
de
la Socit de gnalogie Canadienne-Franaise. 1960 XI.
(voir sa recherche en annexe)
Entre
1683
et 1688 ce seront 35 compagnies composes chacune de 50
soldats et de six huit officiers et sous-officiers qui traversent en
Nouvelle-France.
Pendant
la
guerre avec la Ligue dÕAugsbourg, le nombre de compagnies
sera ramen 28.
Le
recrutement des officiers se faisait dans les rangs des Ē Gardes
de la Marine Č et autres officiers des ports.Occasionellement ils
venaient
de lÕarme de mtier ou de familles de la noblesse qui, comme cÕtait
la
coutume, achetaient la charge pour un des leurs. Grce aux rapports
annuels de
lÕintendant Champigny, on retrouve dans les archives franaises des
Colonies
non seulement les rles des officiers mais aussi la notation de leur
caractre
et de leur performance. Aux archives, leur curriculum plus complet est
contenu
dans lÕAlphabet Lafillard.
Les
soldats pour leur part taient des volontaires ou des jeunes
conscrits dsigns par les notables des villes et villages du littoral
selon un
systme de quotas. Malheureusement, les archives de lÕAmiraut des
ports
franais et de lÕAmiraut de Qubec dcrivant ces soldats ont t en
partie
perdues, lÕexception dÕun Ē rolle
dÕembarquement sur le navire Le Franois destination de Plaisance. Le
4 avril
1697 Č, la capitale de la
partie franaise de Terre-Neuve.

Ce
document est prcieux parce quÕil donne: le nom du soldat et de ses
pre et mre, son ge, sa taille, la couleur de son poil, son mtier,
et aussi
son lieu dÕorigine.
Le
troisime dans le rle :
Michel
Texier
(Tessier) de la Rochelle, paroisse Notre-Dame, ag de 21
ans, poil chatain, taille 4 pieds 5 pouces, Pierre son pre, Marie Jeanne sa mre, jardinier.
On
retrouvera trs rarement autant dÕinformation dans les actes de lÕtat
civil et dans les actes des notaires quand le soldat demeurera en
Nouvelle-France.
Uniformes et armement.
Plusieurs
historiens
et illustrateurs ont travaill reconstituer
lÕenvironnement,
lÕhabillement et lÕarmement de ces trente-cinq Compagnies venues en
Nouvelle-France entre 1683 et 1688, dont Eugne Leliepvre, peintre aux
armes
en France, et Michel Ptard et Francis Back au Canada.

Voici
une reconstitution
par Michel Ptard des uniformes entre 1683 et 1700.
Le
soldet Montigny aurait ressembl au soldat, gauche. LÕuniforme du
soldat Ē MONTIGNY Č, nom de guerre de Samuel Papineau, tait
donc: Ē chausses, culotte et veste de
couleur blanc gristre avec bordures bleues et boutons en laiton.
Feutre noir
avec galon dor, agrment de lÕancre blanche de la Marine. Souliers
noirs Č.
Noter
quÕil
manie un mousquet car le fusil fera son apparition aprs
1700.

Soldat
des
Troupes portant un uniforme modifi pour affronter les
rigueurs du climat. R.J. Marrion, Muse
canadien de la guerre.
Un
autre porte aux pieds des raquettes pour marcher sur la neige en
hiver. Francis Back, pour Parcs Canada.
Comme
lÕavaient
souhait Louis XIV et Colbert, la plupart de ces jeunes
soldats, qui avaient entre 16 et 24 ans leur arrive, prendront
racine dans
le pays quÕils avaient si chrement dfendu.
En
annexe, original et transcription de l'ordre
de
dmobilisation ou cong de 1698.
1.7.5. LÕnigme du
capitaine dÕAndrsy.
Samuel
Papineau sÕest
donc embarqu en 1688 au port de Rochefort pour un dpart de La
Rochelle, avec
la dernire des trente-cinq compagnies, celle du sieur dÕAndrsy, lors
dÕune
leve de troupes du Ministre de la Marine. Quelle est lÕhistoire de ce
capitaine, le Sieur dÕAndrsy? (parfois crit dÕAntrsy et Antrezy).
On
retrouve sa
prsence dans les archives des colonies trois endroits:
1.- Dans
le
rpertoire des officiers de lÕAncien Rgime, aussi appel
Ē Alphabet
Lafillard Č avec les notations suivantes:
ChÕer dÕAntrezy:
Capitaine Canada 1 mars 1688
cass
id
6 juin 1688
mort
id 1693
2.-
Dans la correspondance entre le ministre et le Gouverneur Qubec,
on retrouve des ordres :
a.-
en date du premier mars 1688, donc une semaine aprs le dpart de la MareschaleÓ de La Rochelle le 23
avril 1688:
Ē sa majest ayant fait
choix du Chevalier dÕAntresy, officier de marine, pour commander un
dtachement
de cinquante soldats de ses vaisseaux quÕelle a envoy en Canada. Č
b.-
puis, en date du Ē 6 juin
1688, Versailles, Ordre du Roy pour faire repasser en France le sieur
Ch.
dÕAndresy et de le dbarquer dans le premier port du royaume o il
abordera. Č
Dans la mme missive on trouve partie de
lÕexplication: Ē Monsieur,
le Roy a recu tant de plaintes de la mauvaise conduite que le Sr
dÕAndresy qui
commande une des compagnies, que sa Majest a cass et
rvoqu..... Č
Ces
messages ont d parvenir Qubec par le prochain navire, soit vers
la mi-septembre, donc aprs le dcs en mer du capitaine dÕAndrsy.
3.-
Dans un rapport au ministre de la Marine et des Colonies en date du
6 novembre 1688, lÕintendant Bochart de Champigny fait ainsi rapport de
lÕarrive
du navire Ē La Mareschale Č
sur lequel sont embarques les trois compagnies des troupes, dont celle
du
Chevalier dÕAndrsy:
(qubec) 6 novembre 1688
tout ce qui a est envoy de
france est arriv en bon estat et bien conditionn.
mais le nombre dÕhommes a bien diminu,
car de 225 qui estoient dans la mareschale
il en est mort.
le sr. dandresy capÕne est
du nombre.
ils ont donn son employ au sr.
de la groye,
lieutenant qui
est un fort honeste gentillhomme et qui a bien servy.
Le
mystre persiste sur les origines du capitaine
dÕAndrsy,
sur la nature des plaintes portes
contre lui et pourquoi Lafillard
le porte mort cinq ans plus
tard, soit en 1693 plutt quÕen 1688.
Louis
XIV
y est all avec ses enfants en 1670.
Il a
donc connu la famille du seigneur dÕAndrsy et en 1688 pourrait
avoir donn une commission un des fils comme capitaine dÕune
compagnie des Troupes
de la marine.
On
trouve dans la
transription informatise de lÕtat civil de la Nouvelle-France, (PRDH,
1621-1799), de nombreuses mentions du successeur du dfunt capitaine
dÕAndrsy:
le capitaine dÕAloigny, devenu par la suite marquis de La Grois.
On peut
imaginer son
apparence par la reconstitution faite par Michel Ptard dÕun officier
des
Troupes vers 1690.
Il
assistera aux mariages et baptmes dans les
familles de ses soldats. On peut prsumer que la majorit dÕentre eux
sont avec
lui depuis quÕil a pris la relve du capitaine dÕAndrsy. On aura ainsi
retrouv une quinzaine de soldats de cette compagnie, la plupart ayant
des
liens de lieux et de circonstances avec Samuel Papineau.
Il y
a donc conflit de dates dans la gnalogie du gnalogiste
Denis-Benjamin II Papineau selon qui Samuel serait arriv en 1694, sous
M.
Aloigny, capitaine dÕune compagnie franche. Ė son crdit cependant, il
a sans
doute t le premier dcouvrir dans les rgistres poussireux encore
lÕtat
de manuscrits que Jean Pouget dit Gris Delin, originaire de Villamblard
au
Prigord, mari Montral le 19 janvier 1699 en prsence du marquis De
La
Grois, tait voisin, ami et tmoin de Samuel Papineau son contrat de
mariage
du 6 juin 1704. Sur la carte de la seigneurie de Montral de 1702, les
deux
comparses apparaissent sous leur seul nom de guerre: Montigny et
Grisdelin tous
deux censitaires la Cte-St-Michel de Montral.
En
lÕabsence de documents plus prcis, comme les rles dÕembarquement
des soldats des Dtachements de la Marine, nous pouvons affirmer quÕil
existe
assez dÕanciennes et de nouvelles preuves circonstantielles pour
affirmer que
Samuel Papineau dit Montigny est bel et bien arriv en Nouvelle-France
en 1688
avec la compagnie du capitaine dÕAndrsy et sera par la suite dans
celle du
marquis De La Grois.
Biographie du marquis de la Groye
dans le Dictionnaire biographique du Canada
Vol. II
Universit Laval©.
ALOIGNY CHARLES-HENRI DÕ, marquis de LA GROYE,
lieutenant, major des troupes, commandant, capitaine de vaisseau, n
vers 1662
Ingrandes prs de Chatellereault, au Poitou, fils de Louis dÕAloigny
et de
Charlotte de Chasteigner ;
il prit le nom de marquis de La Groye aprs la mort de
son pre et de son frre an ;
Il
est
mort lÕautomne de 1714 dans le naufrage du Saint-Jrme lÕle de
Sable (au
large de la Nouvelle-cosse).
Charles-Henri
dÕAloigny,
garde-marine
Rochefort, sÕembarque pour le Canada en 1683 comme
lieutenant. Les 30 annes de sa vie en Nouvelle-France sont marques
par une
carrire militaire trs active. Ds 1688, il est nomm capitaine par
Brisay de
Denonville (en remplacement du capitaine DÕAndrsy, commandant la 35e
compagnie des troupes de la Marine, dcd pendant la traverse) et
cette
nomination est confirme par un ordre du roi, le 1er mars
1691. Il
obtient, lÕanne suivante, une commission dÕenseigne
de vaisseau.
En
1695, Aloigny accompagne Antoine de Crisafy dans une expdition pour
restaurer
le fort Frontenac. Au mois de septembre de la mme anne, Frontenac
[Buade*] et
Callire, apprenant que de petits groupes de rdeurs indiens tendent
des
embuscades aux Franais, envoient des secours dans diverses directions
;
Aloigny est charg de diriger un dtachement vers Boucherville pour
surprendre
ces Indiens, pillards de rcoltes.
Aloigny
est
nomm
commandant du fort Frontenac pour quelques mois, au cours de
lÕanne
1700, remplaant Louvigny [La Porte] arrt Ē pour avoir contrevenu aux
ordres
du Roy Č. Ė partir de 1702, anne o il est fait major des troupes,
succdant
Subercase [Auger] qui avait t nomm gouverneur de Plaisance
(Placentia,
capitale de la partie franaise de Terre-Neuve), ses nominations
militaires se
suivent. Il est commandant des troupes en 1704, et le restera jusquÕ
sa mort,
alors que le roi juge propos de ne plus remplir ce poste. Il est fait
chevalier de Saint-Louis en 1705 et, deux ans plus tard, il obtient une
commission de lieutenant de vaisseau.
Son
tat de sant lÕoblige rentrer en France en 1708. Il est de retour
dans la
colonie lÕanne suivante et poursuit son activit militaire. Capitaine
de
frgate en 1709, il est nomm capitaine de vaisseau en 1710. Ė
lÕautomne de
1714, aprs huit mois de maladie durant lesquels Ē il a est plusieurs
fois
lÕextrmit Č, il sÕembarque bord du Saint-Jrme pour rentrer en
France. Le
btiment fait naufrage lÕle de Sable et se perd corps et biens.
Il
semble que La Groye fut un bon militaire ; Frontenac, en 1691, le
considrait
comme un Ē brave officier, fort assidu au service et homme de qualit
Č. Pour
sa part, Callire le qualifiait en 1701 de Ē bon officier Č.
Charles-Henri
dÕAloigny avait pous, le 5 novembre 1703, Genevive Macard, fille de
Nicolas
Macard et de Marguerite Couillard, veuve en premires noces de Charles
Bazire*
et en secondes noces de Franois Provost (gouverneur de
Trois-Rivires). Aucun
enfant ne naquit de cette union. Elle est dcde Qubec.
Nol
Blanger
Correspondance
de
Frontenac
(1689-1699), RAPQ, 1927-28 : 66.Ń Correspondance de
Vaudreuil, RAPQ, 1938-39: 96.Ń Jugements et dlibrations, passim.Ń
Royal Fort Frontenac (Preston et Lamontagne), 387, 391, 399,
467.-Nicolas-Gaspard Boucault, tat prsent du Canada, RAPQ, 1920-21 :
35.Ń A. Roy, Inv. greffes not., XIX, passim.Ń Taillemite, Inv.
analytique, srie B, I.Ń P.-G. Roy, La ville de Qubec, II : 56,
430.
1.7.7
pilogue de la premire gnration
Cet
adolescent qui
grandissait dans les doux paysages de sa France natale ne pouvait
sÕimaginer
que ses descendants se compteraient par milliers et se trouveraient
trois cents
ans plus tard partout dans le monde. Comment pouvait-il concevoir quÕil
aurait
un fils, Joseph I, qui se rendrait jusquÕau milieu dÕun nouveau
continent, que
son petit-fils, Joseph II, serait appel Ņpre
de la patrieÓ pour avoir sauv la langue franaise aprs la
conqute de la
Nouvelle-France par lÕAngleterre. Un de ses arrire petits-fils,
Louis-Joseph,
serait consacr par les historiens comme lÕhomme politique le plus
marquant du
Canada, alors que son jeune frre, Denis-Benjamin, serait co-premier
ministre
de ce lointain pays qui inspire tant de crainte dans les provinces de
France?
On a vu
que les
vnements ont donn Samuel une rponse inattendue.
Car il a
vcu cette
incroyable aventure que ces quelques pages ont voulu reconstituer.
Nous
verrons dans de
prochaines publications lÕhistoire de
quelques-uns des descendants de SAMUEL PAPINEAU dit MONTIGNY,
commencer par celle de certains de ses neuf enfants ns en
Nouvelle-France,
identifis comme la deuxime
gnration.
On
peut consulter dÕabord la bibliographie
(chapitre 1.9) des principaux documents utiliss et des sites internet
qui ont
tay cette recherche de la premire
gnration des Papineau.
Il reste tablir par des
recherches approfondies en France si les quatre pionniers Papineau
venus de
France en Amrique au 17e sicle taient ou non apparents:
Samuel
Papineau ......
de
Montigny,
Jean
Papineau
......
de Niort,
Louis
Papineau ......
du Niortais,
Anne
Papineau
Lamarque É de Bordeaux,
index
A.- La Mareschale, traverse de 1688,
aux archives de LaRochelle
0.- rolle de lÕquipage
1.- chargement
2.- tat en 1688 et 1689
B.-
Actes
de la
famille de Samuel Papineau
0.- Ordre de dmobilisation en 1698
1.- Acquisition de la terre de 1699
2.- Parrain de Frs. Cardinal 1701
3,- Contrat de mariage de juin 1704
4.- Certificat de mariage de juin 1704
5.- Vente de la terre de Catherine 1705
6.- Acquisition dÕune terre RDP 1711
7.- Donation aux seigneurs janv. 1717
8.- Vente de la terre de RDP mars 1720
9.- Acte de spulture de Samuel 1737
10.- Inventaire aprs dcs juil. 1738
C.- Actes des trois familles fondatrices
i.- Hunault / Lorgueil
a.- mariage en 1654
b,- famille
c.- leur fille Jeanne
1.- son baptme
2.- ses 3 mariages
3.- sa spulture
ii.- Quevillon / Hunault
a.- mariage en 1672
b.- famille
c.- leur fille Catherine
1.- son baptme en 1686
2.- ses 4 mariages,
3.- sa spulture
iii.- Papineau /
Quevillon
a.- mariage en 1704
b.- famille
D.- Troupes de la Marine.
Recherche de Jean Leclerc , s.j.
E - Cartes gographiques diverses.
F.- Personnalits du 17e sicle Montigny.
A.- La Mareschale (La
MarchaleÓ)
Navire
de
300 tonneaux, construit en Hollande vers 1675. Il existe une
peinture par Van De Velde, au Rijks museum dÕAmsterdam dÕun navire
hollandais
semblable.

1.-
Ē Rolle Č de lÕquipage.
2.-
Connaissement du chargement.
3.- tat
de La MareschaleÓ en
1688 et 1689.
1.-
Archives Dpartementales des Charentes Maritimes,
Amiraut de La Rochelle, B 235,
folio 159v.
Rolle de lÕquipage du navire La
Marchalle appartenant au Sieur Richard Massiot command par le Sieur
Jean
Guillot pour le voyage de Canada et les les de lÕAmrique.
. Jean Durand, de lÕisle dieu,
matre, 40 ans.
. Jacques Binier, contre-maitre
de La Rochelle, paroisse de
St-Barthlmy, 35 ans
. Pierre Lapierre, chirurgien, 26
ans.
. Thomas Conie, de Royan,
bossman, 34 ans.
. Pierre Thomas, de Marenne,
maitre de chaloupe, 25 ans.
.
Franois Bousseron, de La Rochelle, paroisse
du prot, canonier, 30 ans.
. Jean
Legrand, du prot, maitre charpentier, 35 ans.
.
Pierre Blandin, 2me charpentier du prot, 22 ans.
.
Michel Millorit, de St Nicolas, 3me charpentier, 19 ans.
.
Jacques Maururu, de St Nicolas, 1er thonelier, 34 ans.
. Jean
Voge, de St Nicolas, 2me thonelier, 20 ans.
. David
Real, de Marenne, matelot, 24 ans.
. Simon
Peltier, de St Martin de R, matelot, 25 ans.
.
Pierre Saunair, de Marlque, matelot,
28 ans.
.
Anthoine Raut, de Moutier, matelot, 32 ans.
. Yvon
Tourant, dÕAudierne, matelot, 24 ans.
.
Charles Giraudet, de St Nicolas, matelot, 30 ans.
.
Abraham Grelier, du prot,
matelot, 35 ans.
. Estienne
Couraut, de Moulier, matelot, 25 ans.
. Paul
Audran, du prot, voylier, 23 ans.
. Jean
Martineau, de Loix, matelot, 26 ans.
. Jean
Decouot, de Marenne, matelot, 24 ans.
. Jean
Pinaud, de la Tremblade, matelot, 28 ans.
.
Pierre Brunau, matelot, 24 ans.
.
Andr-Jean Drouno, dÕOllonne, matelot, 22 ans.
. Paul
Rousset, de Marenne, matelot, 26 ans.
. Simon
Jacob, cuisinier, de La Rochelle, 24 ans.
.
Pierre Boutelot, de Marenne, cocq, 22 ans.
.
Franois Guerinau, de St Martin de R, matelot, 19 ans.
.
Pierre Chambert, de La Rochelle, garon, 17 ans.
. Jean
Viaud, de La Rochelle, garon, 16 ans.
.
Jacques Bauldoin, de St Martin de R, 13 ans.
.
Pierre Martin, garon, 14 ans.
Il est
permis aux officiers mariniers et matelots dnoms au prsent rolle de
faire le
voyage de Canada et iles de lÕamrique la charge par le bourgeois et
le
capitaine de nous reprsenter laditte quipage au retour dudit vaisseau
sous
les peines portes par les ordonnances.
Fait La Rochelle le 23 mars 1688.
Sign
Massiot, commissaire ordinnaire de la marine.
2.-
#C155- Intendance marine militaire, 1688-1692, pice no 2.
Estat
des munitions embarques, par ordre du Roy pour Qubec dans le vaisseau
La
Mareschale, capitaine GUILLOT.
Douze
milliers de cordage, quinze barils de bl gras, six barils de goudron,
huit
cent laise de bl sec, vingt milliers de plombs en barrils, un baril de
pierre
a fusil, cent cinquante chaudire de cuivre pesant
douze cent laises, quatorze cent haches pour 2800 livres,
deux cents laises dÕacier, trois millions de fer en barre, quatre cents
laises
de chandelles, cinquante laises dÕponges, quatre cents gamelles de
bois, deux
mille huit cent aunes de thoille de chanvre pour 2800 livres, cent
laises de
fil de poitou, trois coffres de
mdicaments pour 300 livres, quinze cents laises de tabac de brzil,
dix
caisses de tambours, six cent deux barils de lard pesant soixante
milliers ?,
trente barriques dÕeau de vie, dix barriques de vinaigre, quinze cent ?? de clous, dix
rames de papier ????, cent laises de
salpestre, quatre cent laises dÕhuile
en barils, quatre cent laises de savon, deux cent laises de mches,
cent
sabres, cinq milliers de poudre mousquet.
Nous
commissaire ordinaire de la marine certifions que les munitions
embarques au
prsent estat, ont ests embarques par ordre du Roy dans le vaisseau
La
Mareschale capitaine GUILLOT pour estre entrepos Qubec, sans avoir
pay
aucun droits.
Fait
La Rochelle, le 23 mars 1688.
MASSIOT
3.-
Archives Dpartementales des Charentes Maritimes,
a)
Amiraut de La Rochelle, B 235, folio 185.
Du 30
dcembre 1688.
(donc au retour de Qubec)
Etat des vaisseaux de cette ville
de La Rochelle, des noms des bourgeois, le port, lÕage et fabrique
dÕiceux.
Le navire nomm La Marchalle
du port de 300 tx (tonneaux) appartenant
au Sieur Richard MASSIOT, fabrique hollandoise, ag de 14 ans.
b)
Amiraut
de La Rochelle, B 235, folio 262v Du 29
novembre 1689.
Etat des vaisseaux de cette ville
de La Rochelle, des noms des bourgeois, le port, lÕage et fabrique
dÕiceux pour
lÕanne 1690.
Le navire nomm La
Marchalle du port de 300 tx
appartenant au Sieur Richard MASSIOT marchand de cette villle, fabrique
hollandoise, ag de 15 ans.
(dans la marge : desfait)
B.- Actes,
famille
Samuel Papineau
0.- Ordre de dmobilisation ou cong
Ordonnance royale du 21 mai 1698 permettant la dmobilisation.
Voici
la
transcription
de lÕordonnance royale (et
copie de lÕoriginal), permettant la
dmobilisation.
Ė
Versailles le 21 May 1698
ORDONNANCE
qui
permet aux soldats des
Compagnies
de
Canada de se faire habitans au pays
De par
Le Roy
Sa Majest tant informe que
parmy les soldats dont sont composes les Compagnies quÕelle entretient
en
Canada il y en a plusieurs qui seroient bien aisment de se faire
habitans et
qui ont toutes les qualits ncessaires pour contribuer au bien et la
solidit de la colonie - Elle a ordonn et ordonne veut et entend que
ceux qui
trouveront sÕestablir par mariage avec des filles ou femmes nes ou
establies
en la Colonie soient congdis de ses Compagnies sur premire demande
quÕils en
feront et que les habits dÕordonnance quÕils auront leur demeurent sans
que
sans aucun prtexte les officiers puissent les retenir. Et afin de leur
donner
le moyen de sÕestablir et de subsister en attendant que les terres qui
leur
seront donnes dfricher puissent porter le bled et les autres
denres
ncessaires leur subsistance, - Sa Majest leur accorde une anne de
solde
qui leur sera paye sur les ordonnances du Sieur de Champigny intendant
au dit
Pays. Mande et ordonne Sa Majest au Comte de Frontenac, Gouverneur et
son
lieutenant gnral en la nouvelle france, et au dit Champigny de tenir
la main
lÕexcution de la prsente ordonnance et de la faire lire et publier
la sortie
des compagnies afin que les officiers et les soldats en ayent
connaissance.
fait Versailles le 21 May 1698
Archives
nationales
du Qubec Montral.
Correspondance
du
Conseil souverain, 1698.
Microfilm
no.
5937.
ORIGINAL
Plus
tard, le Cong de Marine sera accompagn dÕun prcieux certificat.

transcription et original en partie.
Contrat notaire Pierre Raimbault du 25 avril 1699
No. 137
Par devant Pierre Raimbault Nre royal fut prsent
messire Franois Dollier de Casson un des prtres du Sminaire de
St-Sulpice de
Paris, suprieur de Messieurs les cclsiastiques de cette isle et
procureur de
messire Louis Tronson, prtre suprieur des messieurs ecclsiastiques
du
Sminaire de St-Sulpice de Paris, Seigneur et propritaire de la dite
isle de
Montral et autres lieux, assist de mre Jean Franois Donay, un des
ecclsiastiques du dit sminaire de cette ville et procureur de
Messieurs les
Seigneurs, lequel a reconnu et confess, avoir baill, cd. quitt É
par ces
prsentes titre de cens et rentes seigneuriales É Samuel Papineau
dit
Montigny ce prsent É preneur et receveur ce dit titre, pour luy,
ses hoirs
É une concession sise la Coste St-Michel en cette isle de la
contenance de 60
arpents de terre en superficie en 3 arpents de front sur 20 de
profondeur,
tenant dÕun bout par le devant une ligne qui court au nord-est et
spare la
dite concession destines et poses servir de Commune aux habitants
de la
dite Coste St-Michel, dÕun ct. Au sud-ouest aux terres concdes
Jacques
Richard dÕautre cot. Au nord-est une ligne qui court au sud-est et
spare la
prsente concession de celle de Ren Albert dit Beaulieu, dÕautre bout
par
derrire aux terres de messieurs les Seigneurs, non concdes. É
charges par
les prsentes, savoir la prsente concession de 30 sols de cens et
dÕune rente
seigneuriale non rachetable de 3 demis minots de bl froment , bon,
sec, net,
loyal et marchand pour touts les 60 arpents de terre et 7 sols pour les
dits
droits de commune par chacun payable au jour de la St-Martin 11
novembre. É
suivant la coutume de Paris, É sujette aux moulins de la dite
Seigneurie, É et
en cas de vente de part ou partie de la dite concession ou Commune,
sera
loisible a messires les Seigneurs de les reprendre en remboursant
lÕacqureur
du prix de son acquisition et loyaus cots. É et outre que le dit
preneur, ses
dits hoirs et ayabt cause ne pourront vendre aucune boisson ennivrante
aux sauvages
ni directement ni indirectement peine de dchoir du bnifice de la
prsente
concession, et perte de touts les travaux et batiments , É sans pouvoir
par
eux-mmes vendre, donner, cder ni transporter en quelque manire que
ce soit
part ou partie de la dite concession en aucune main morte ni
communaut, ni y
mettre cens sur cens et sans que
les prsentes puissent nuire ni prjudicier aux droits de messires les
Seigneurs, É Le preneur sera tenu de dcouvrir les dserts de ses
voisins fur
et mesure quÕil sera ncessaire, É souffrir sur la dite concession et
Commune
touts les chemins que mes dits Seigneurs jugeront utiles et entre autre
un
chemin de charette que le dit preneur fera, entrediendra et rendra
praticable
sur les terres de la Commune et vis--vis de la dite concession. É le dit preneur a oblig et hypothqu
touts ses biens meubles et immeubles, tant prsents quÕ venir, sans
que les
obligations gnrales et spciales drogent lÕun lÕautre, É et de
plus le
dit preneur fournira mon dit Sr. Dollier É dans huit jours dÕhuy une
copie du
procs-verbal de mesurage et bornage quÕil fera faire ses frais ,,,
par un
jur-arpenteur. É
Fait et pass en une des salles du
dit
Sminaire de Ville-Marie lÕan
1699 le 25 avril aprs midi en prsence des Srs, De Mosny et La
Cassaigne,
menuisier, tmoins demeurant au dit Ville-Marie, qui ont sign avec
nous, et
mon dit Sr. Dollier, le dit Sr. Donay et le dit notaire, le dit preneur
a
dclar ne savoir crire ni signer, de ce enquis et interpell suivant
lÕordonnance,
lecture faite.
Fran. Dollier, ptre De
La Cassaigne
J. F. Donay De Mosny P. Raimbault N. Royal
COMMENTAIRES:
Contrairement aux ordres du roi de faciliter
lÕtablissement des soldats dmobiliss, les Seigneurs Sulpiciens leur
faisaient des conditions usuraires. Sans doute pour payer, un
sicle plus
tard, les tableaux de Delacroix qui ornent lÕglise St-Sulpice Paris,
dont lÕun
reprsente le combat de lÕAnge contre Jacob!

Original (partie)

2.- 1701, Samuel, toujours clibataire devient parrain
au baptme de Franois Cardinal.
LÕofficiant le dclare ŅvolontaireÓ

Ņle parrain,
Samuel
Papineau, volontaireÓ
LÕacte a t
insinu le 7 octobre 1704.
Transcription et
original (partie)
Furent prsents Samuel Papineau
dit Montigny, habitant de la coste St-Michel en cette isle, fils de
deffunt
Samuel Papineau et de Marie Delain sa femme, ses pre et mre de la
paroisse de
Montigny vch de Poitiers en lÕancienne France, pour luy et en son
nom dÕune
part, et Catherine Quevillon veuve de dfunt Guillaume Lacombe dit St
Amant,
habitant de la dite coste St Michel, et fille de dfunt Adrien
Quevillon, en
son vivant habitant de la coste de la Rivire des Prairies et de Jeanne
Hunault, sa femme, ses pre et mre;
la dite Hunault ce prsente et consentante, pour elle et en
son nom
dÕautre part. Lesquelles parties
en la prsenceÉÉÉÉÉÉ. Pour ce, assembls, savoir de la part du dit
Papineau, de
Jean Pouget, matre-tailleur (soldat de M. Delagrois, ex prigueux,
fils de
Pierre Pouget et Jeanne Roussel) de cette ville et Pierre Cardinal,
habitant de
la Rivire des Prairies en cete isle (fils de Frs Cardinal et Perrine
Racaut de
Fontenay le Compte, Poitiers) et de la part de la dite Quevillon, de sa
dite
Mre, de Jean-Baptiste Quevillon, son frre, de Jacques Vaudry et Marie
Francoise Joly son pouse, de Joseph Vaudry cousin de la dite future
pouse,
ont fait les traits, accords et conventions matrimoniales ainsi quÕil
ensuit
savoir : que le dit Papineau et la dite Catherine Quevillon ont promis
de
prendre lÕun lÕautre par nom et loy de mariage et iceluy faire clbrer
en face
et avc la licence de notre Mre la Ste Eglise catholique, apostolique
et
romaine le plustt que faire se pourra et quÕil sera arrt entre leurs
dits
parents et amis. Se prennnent les
dits futus poux avec les biens et droits chacun dÕeux appartenant. Pour estre uns et communs en tous
leurs meubles et immeubles, tant ceux quÕils ont de prsent que avenir
en
quelque manire quÕils leur aviennent et quelque somme et valeur
quÕils
puissent monter et valoir de part et dÕautre, sans aucune en except,
sans
nanmoins estre tenus des dettes et hypothques lÕun de lÕautre faites
et
cres avant leurs pousailles et au cas quÕil y eut quelques dettes,
seront
payes sur le bien seul du dbiteur.
Sera la dite future pouse doue de 300 livres une fois payes
ou du
douaire coutumier son choix, duquel douaire prfix ou coutumier tel
que sera
choisy par la dite future pouse, elle aura dlivrance ds que douaire
aura
lieu sans estre tenue de la demander en Justice. Le
survivant
des dits futurs poux aura pour prciput hors
part et sans confusion des biens de la dite communaut suivant la prise
de
lÕinventaire qui en sera faite et sans crue jusque la somme de 200
livres, ou
la dite somme en denier comptant au choix du dit survivant sera
loisible la dite
future pouse survivant au dit futur poux, ou en cas de dissolution de
la dite
communaut de lÕaceepter ou y renoncer et en cas de renonciation elle
pourra
reprendre et retirer tous les dits biens quÕelle aura apports la
communaut
et luy seront avenus et chus par succession, donation ou autrement
avec ses
douaire et prciput sans estre tenue dÕaucune dette ou hypothque encor
quÕelle
y eut parl, sÕy fut oblige ou y eut t condamne, dont elle sera
acquitte
et indemnise sur les biens du dit futur poux ou par ses hritiers
pour quy
elle aura son hypothque de ce jour sur tous les biens prsents et
avenir du
dit futur poux. En faveur et contemplation duquel mariage (futur) et
de
lÕamiti
É.. ils se sont faits et font par
ces prsentes donation pure simple et irrvocable entre vifs et au
survivant
dÕeux ce acceptant, de tous et chacun des meubles et immeubles prsents
et
venir, tant de propres que dÕacquts, et conqus, en quelque lieu
quÕils seront
scis et scitus, allis (?) et assigns et quelque somme et valeur
quÕils
puissent monter sans en rien excepter;
pour du tout jouir, faire et disposer en toute proprit par le
survivant ainsi que bon lui semblera.
La dite donation faite par les considrtions du dit mariage le
tout au
cas que lors dudit dcs du dit premier mourant il nÕy eut aucun enfant
(issu)
dÕeux deux en lgitime mariage auquel cas dÕenfant la dite donation au
greffe
et juridiction de cette isle et gouvernement de Montral et partout
ailleurs o
besoin sera. Les dites parties ont
fait et constitu leur procureur gnral et spcial le porteur et
donnant
pouvoir & car & ainsi & nonobstant &ÉÉÉÉÉÉ..
Fait et pass au dit Ville-Marie
en la maison du dit Vaudry, lÕan 1704 le 8 juin aprs-midi en prsence
du sieur
Antoine Hatanville greffier royal et Guillaume Lecavelier, Jacques
Bazin i.e
demeurant au dit Ville-Marie, tmoins soussigns avec le dit Cardinal
et notaire. Les dits futurs poux, la dite
Hunault
et autres ci-dessus nomms, ont dclar ne savoir signer de ces enquis
et
interpells aprs lecture faite
suivant lÕordonnance É.
Pierre Cardinal
G.
Lecavelier
Hatanville
Raimbault N. Royal
Original (partie)

4.- 1704, Mariage religieux du 16 juin 1704
Acte de mariage de Samuel Papineau dit Montigny et Catherine Quevillon en lÕglise de Saint-Joseph la Rivire des Prairies en lÕisle de Montral
(transcription
de lÕoriginal aux Archives nationales du Qubec Montral)
_Le
seizime
jour du mois de
Juin de lÕanne mil sept cent quatre, aprs la publication faite des
bans de
mariage entre Samuel Papineau dit Montigny, fils de Samuel Papineau et
de Marie
Delain ses pre et mre de la ville de Montigny en la province du
Poitou dans
le royaume de France. Le dit contractant demeurant la Coste de
St-Michel de
la paroisse de Ville-Marie en lÕisle de Montral et Catherine Quevillon
fille
de feu Adrien Quevillon et de Jeanne Hunault ses pre et mre de cette
paroisse, veuve ci-devant de Guillaume Lacombe (dit St-Amant).
Les premiers bans publis le premier de juin, le second le
huitime du
mme mois, le troisime le quinze du dit mois, les jours de
dimanche la
messe de la paroisse aprs avoir reu le tmoignage de la publication
des dits
bancs dans la paroisse de Ville-Marie et nÕavoir dcouvert aucun
empchement.
Le
sousign
prtre desservant
la paroisse St-Joseph de la Rivire des Prairies les ay (ai) maris
selon la
forme prescrite par la Sainte glise en prsence de Pierre Laurin
assistant le
dit poux, de Pierre Taillefer, beau-pre de la ditte pouse, de
Jean B.
(Baptiste) Quevillon son frre, de Charles Daz son parrain, de M
Franoise
Hunault sa tante et de Marie Perthuis sa marraine, tmoins ce requis.
Pierre Laurin, Jean B. Quevillon, le mari et la marie ont dclar ne
scavoir
signer, les autres ont sign avec moy_.
(signatures) Charles
Daz
Franoise
Huno (Hunault) Catherine Perthuis Bouffandeau, prtre
original (noter le dessin du
pre Bouffandeau dans la marge)

5.- 1705, Promesse de vente et vente de la terre de
Catherine Quevillon, aussi sise la Coste St-Michel, hrite de son
premier
mari, Guillaume Lacombe dit St-Amant.
(CÕest peut-tre cette transaction interdite qui sera
pnalise par les Sulpiciens en 1719)
Transcription faire.
Original,
promesse de vente du 14 juin 1705 devant le notaire
Adhmar dit St-Martin

Acte de vente Jean Guillebert dit Laframboise le 5
novembre 1705 de la terre hrite par Catherine Quevillon de son
premier
mariage.




6.- 1711 Acquisition dÕune terre aux enchres
Rivire-des-Prairies
29 janvier 1711
Cela pourrait aussi tre cette transaction qui sera
pnalise EN 1717.
(transcriptiom et original faire)
7.- Rente
annuelle et perptuelle aux seigneurs
de St-Sulpice,
8 janvier 1717. Raimbault, Not.
Original en 3 feuillets:
(
transcrire et tablir la justification)



8.- 11 mars 1720
Vente dÕune demie terre Rivire-des-Prairies, hrite par Catherine de son pre,
Adrien Quevillon, tu par les Iroquois vers 1693.
La vente est faite sa mre et son mari.
Transcription et original faire.
9.- 23
avril 1737, acte de spulture de Samuel
CÕest dÕailleurs la chapelle du Fort-Lorette, mission tablie en 1696 par les Sulpiciens pour transfrer les indiens du Fort de la Montagne vers le Sault-au-Rcollet, que se fera le 23 avril 1737 la spulture de Samuel Papineau dit Montigny dcd la veille lÕge de 67 ans.
SPULTURE (transcription de
lÕacte PRDH # 115310) Sault-au-Rcollet le 23 avril 1737
Dcs :1737-04-22
SAMUEL PAPINAU dit MONTIGNY
(1670-1737)
67 ans
----------------------------------------------------------------------Catherine
Quevillon
(1686-1781)
51 ans
conjointe de 01
----------------------------------------------------------------------
Pierre Martineau
voisin de
Samuel
(pre de Charlotte, pouse de
Jean-Baptiste, fils de Samuel Papineau)
----------------------------------------------------------------------Michel
Perillard
dit
Bourguignon pre de
J-Bte.
----------------------------------------------------------------------Jean-Baptiste
Perillard
dit
Bourguignon
gendre de Samuel, poux de Marie
Papineau
----------------------------------------------------------------------Charles
Leblanc, chantre, capitaine de
milice de la Cte-St-Michel
----------------------------------------------------------------------Guillaume
CHAMBON
prtre
de Saint-Sulpice
Missionnaire au Sault-au-Rcollet
depuis novembre 1736, la Chapelle du Fort-Lorette
Samuel
Papineau
dit Montigny fut sans doute inhum en 1737 dans un
cimetire situ prs de la chapelle qui faisait le coin sud-est du
Fort-Lorette, datant de 1696.
Depuis
1721,
les Sauvages qui autrefois avaient leurs cabanes lÕextrieur
de lÕenceinte du fort, avaient t dmnags aux Deux-Montagnes, plus
tard
nomm Oka.

Les
habitants de la Cte-St-Michel qui auparavant faisaient partie de la
paroisse de Saint-Laurent furent rattachs la nouvelle paroisse de
Sault-au-Rcollet sa fondation en 1736. Les services religieux
taient tenus
dans la chapelle du Fort- Lorette o le premier cur, M. Chambon, tait
log
dans la maison des seigneurs.

Aprs
lÕinauguration
de la nouvelle glise de La Visitation en 1752, de
style rcollet, Ē on amnage un
nouveau cimetire entour de murs de pierre de chaque ct de
lÕglise Č.
rf.: Petite histoire du
Sault-au-Rcollet,
Louis
De
Kinder, p. 32.
On y
a peut-tre dmnag la tombe de Samuel Papineau depuis le
cimetire de la chapelle du Fort-Lorette.
Cependant Ē en 1873, la
Fabrique de la paroisse fait lÕacquisition dÕun terrain, lÕouest du
Chemin
des Sauvages et touchant la proprit des Jsuites, pour servir de
cimetire.
La fermeture de lÕancien cimetire permettra la construction dÕun
nouveau
presbytre lÕest de lÕglise, dix ans plus tard, ainsi quÕune salle
des habitants,
lÕouest Č. ref: ibid. De Kinder, p. 58.

La
nouvelle glise, avec ses deux clochers.
Reproduit
de: Le
Sault-au-Rcollet,
Chs. P.
Beaubien, cur. p. 238
Le
premier Fort-Lorette ou Nazareth, de 500 pieds par 160 pieds, fut
construit pour les prtres de Saint-Sulpice, seigneurs de lÕle de
Montral. Il
fut commenc en 1696 pour la dfense de lÕle et pour accueillir les
Sauvages
du Fort de la Montagne de Montral, au nombre de 113 en 1698, selon le
cur
Beaubien. La chapelle, en pice sur pice, mesurant 60 pieds par 27,
fut
termine en 1701.
cole
des
soeurs de la Congrgation Notre-Dame, 1701.
La
mme anne, les soeurs de la Congrgation Notre-Dame y ouvrent la
premire cole.

Le
dernier vestige du Fort-Lorette tait la poudrire, dmolie en 1926.
La
rue du Fort-Lorette, lÕouest de lÕglise actuelle, rappelle cette
poque.

Site
de lÕancien Fort-Lorette, lÕouest de lÕglise actuelle.
L.DeKinder, p. 54
GLISE
DE
LA VISITATION DU SAULT-AU-RCOLLET

La
plus vieille glise du rgime franais subsistant Montral.
De
style rcollet, construite en 1748, inaugure en 1752.
Rallonge
de
deux traves en 1850 par John Ostell, architecte de
Notre-Dame de Montral.
La
dcoration intrieure est en partie due Louis-Amable Quevillon,
petit-neveu de Catherine Quevillon, lÕpouse de Samuel Papineau.
Ē En
1969,
commence la construction du pont Papineau-Leblanc. La
fabrique vend une grande tendue de terrain pour lÕapproche du pont.
Toutes les
maisons du ct ouest de la rue Papineau ont t dmolies lÕanne
prcdente:
De
Kinder p. 92.
Il
faut croire quÕil nÕy avait pas de spultures cet endroit.

Cimetire de la paroisse du
Sault-au-Rcollet
Si,
par un hasard providentiel, il y a eu deux fois une translation des
restes du premier anctre Samuel Papineau, ils se trouvent dans ce
cimetire
situ lÕouest de la rue Papineau, entre les boulevards Gouin et
Henri-Bourassa.
On
devrait y faire installer une plaque commmorative, rappelant le plus
de trois-centime (300e) anniversaire du mariage de Samuel
Papineau
et de Catherine Quevillon St-Joseph de la Rivire-des-Prairies, le 16
juin
1704.
CÕtait
lÕacte
fondateur de la ligne des milliers de descendants
Papineau dont le premier anctre repose ici.
10.- Inventaire aprs dcs 27 juillet 1738
C.-
Actes des trois familles fondatrices (INDEX)
(paternel et maternel, par ordre dÕanciennet de lÕarrive).
I.- TOUSSAINT HUNAULT
DIT DESCHAMPS
ET MARIE LORGUEIL
a.-
MARIAGE
en
1654
b.-
FAMILLE
c.- LEUR FILLE JEANNE
1.- SON BAPTęME
2.- SES 3 MARIAGES
3.- SA SPULTURE
II.- ADRIEN QUEVILLON ET JEANNE HUNAULT DIT DESCHAMPS
a.- MARIAGE en 1672
b.- FAMILLE
c.- LEUR FILLE CATHERINE
1.- SON BAPTęME en 1686
2.- SES 4 MARIAGES, 1703, 1704, 1742, 1754
3.- SA SPULTURE
III.- SAMUEL PAPINEAU DIT MONTIGNY ET
CATHERINE QUEVILLON
a.- MARIAGE en 1704
b.- FAMILLE
I.- Famille Toussaint Huneault dit
Deschamps et Marie Lorgueil
a.- Mariage:
VILLE-MARIE (Montral) le 1654-11-23
Note: Ils sont tous deux arrivs avec la Grande Recrue de 1653. On ignore sÕils se connaissaient en France avant le recrutement Laflche et lÕembarquement Saint-Nazaire ou LaRochelle pour elle.
TOUSSAINT HUNAULT dit DESCHAMPS
Fils de Nicolas Hunault et Marie Benoist
Origine : Paroisse de St-Pierre-es-Champs, diocse de Beauvais
Tu en 1690 dÕun coup dÕpe par le lieutenant des Troupes, Michel Dumont de Blaizac, qui prend la fuite.
MARIE LORGUEIL
Origine : ville de Cognac
Fille de Pierre Lorgueil et Marie Bruyre
(on nÕa pas trouv dÕarchives pour Marie Lorgueil)
tmoins:
Paul Chomedey de Maisonneuve, Gouverneur de Montral
Gilbert Barbier
Claude Pijart Profession : Prtre
(lÕacte est rdig en latin)
b.- Famille
de TOUSSAINT HUNAULT dit DESCHAMPS
et MARIE LORGUEIL
Thcle et Thomas Chartrand
Andr et Marguerite Langlois/ Lachapelle
JEANNE 02-11-1658 05-09-1748 (90 ans)
et ADRIEN
QUEVILLON
Pierre et Catherine Beauchamp
Marie Thrse et Guillaume Leclerc
Elle est tue par les Iroquois
Lachenaie
Mathurin
Marie Franoise et Nicolas Joly
Toussaint et Etiennette Paquet
c.- Leur fille
Jeanne
1.- son baptme
BAPTęME
Montral
1658-11-02
Jeanne
Hunault
(dit Deschamps)
Toussaint
Hunault
dit Deschamps
Profession : Habitant
Marie
Lorgueil
Fiacre
Ducharme dit Lafonteyne Profession
:
Menuisier
Jeanne
Rousseliere, conjointe de
Pierre
Godin dit Chatillon Profession
:
Charpentier
į Le rdacteur a omis de signer
2.- ses trois mariages
JEANNE
HUNAULT
dit DESCHAMPS
( de
3 mariages, elle eut 9 enfants dont 2 tus par les Iroquois)
Naissance
:
1658-11-02 Montral
Dcs :
1748-09-05 Rivire-des-Prairies
Premier
mariage :
1672-02-02 Montral
Adrien Quevillon, dcd
vers 1693,
Tu par
les Iroquois ( 7 enfants )
France Pre : Nicolas Quevillon
France Mre : Marie Vauquelin
Deuxime
mariage : au
printemps 1696, chez les Iroquois
Jacques
Courval,
Franais, disparu ou dcd chez
les Iroquois entre 1696 et 1698. (1 enfant) Un
fils
n chez les Iroquois. Ė la
libration de sa mre et de sa demie-soeur Catherine Quevillon, il sera
baptis
sous condition Pointe-aux-Trembles lÕge de 18 mois, le 4 juin
1698, sous
le nom de Louis Augustin Courval.
Troisime
mariage :
1699-05-07 Montral
Pierre
Taillefer,
( 1 enfant ) Pierre Taillefer II
France
Pre : Guillaume Taillefer
France
Mre : Suzanne Campion
3.-
sa spulture
Rivire-des-Prairies
1748-09-06
Jeanne
Hunau
Pierre
Taillefer
Jean-Baptiste
Rapin
Pierre
Taillefer II
Hourde Profession : prtre
II.- Famille Quevillon
a.- Mariage
Mariage le 2 fvrier 1672 Ville-Marie
ADRIEN QUEVILLON
Pre : nicolas quevillon
Mre : marie vauquelin
et
JEANNE HUNAULT dit DESCHAMPS
Pre : toussaint hunault dit deschamps
Mre : marie lorgueil
b.- Famille
į Marie Marguerite et Jean Mineau dit Lumina
į Marguerite et Jacques Demolier dit Biarnais
į Pierre, bless peut-tre mortellement lors du rapt de sa famille par les Iroquois la Rivire-des-Prairies en 1692. On le retrouve lÕHtel-Dieu de Qubec. Il est dit ŅsortiÓ, puis il nÕexiste aucun acte affirmant sa survie.
į Franoise Anglique
tue lÕge de 12 ans par les Iroquois
į Jean-Baptiste et Marie Anne Jammoneau dit Moineau
CÕest eux qui auront la descendance la plus nombreuse.
į Franois et Marie Louise DeVilleray
į Marie Catherine (14-03-1686 30-03-1781) 95 ans
c.-
leur fille Marie Catherine
1.- son baptme
Pointe-aux-Trembles
1686-03-14
CATHERINE
QUEVILLON
Rsidence
:
Cte-St-Dominique (Rivire-des-Prairies)
Adrien
Quevillon Rsidence
:
Cte-St-Dominique
Jeanne
Hunault dit Deschamps
Charles
Daz fils
Paul
Daz, parrain de lÕenfant
Franoise
Goubille
(marie Daz)
Catherine
Perthuis
(marie Maguet) marraine de lÕenfant
Pierre
Maguet
Seguenot,
profession
: cur de
Pointe-aux-Trembles
2.- ses 4 mariages
Marie-Catherine
Quevillon
(selon
PRDH
avec corrections JYP en 2002)
Premier
mariage
:
elle
a 17 ans
1703-07-30
Montral
GUILLAUME LACOMBE dit
ST-AMANT
Pre :
michel lacombe
Mre :
marguerite
Deuxime
mariage
:
18
ans 1704-06-16, St-Joseph
de Rivire-des-Prairies,
SAMUEL PAPINEAU dit MONTIGNY
Pre :
samuel papineau
Mre :
marie delain
Troisime
mariage
:
elle a
56 ans 1742-04-03
Sault-au-Rcollet
JACQUES DANIEL (veuf)
Pre :
francois daniel
Mre :
marie baudon
Quatrime
mariage
:
elle a
68 ans 1754-02-18
Sault-au-Rcollet
JEAN-BAPTISTE
NICOLAS
VERRAT dit PARISIEN
Pre :
jean baptiste verrat
(Paris)
Mre :
marie madeleine
levasseur
3.- sa spulture
SPULTURE Montral 1781-04-02
Dcs
:1781-03-30
MARIE
CATHERINE
QUEVILLON
95
ans, veuve de Nicolas
Vrac (ou Verrat) dit Parisien
(4e
mari, dcd)
Hardy Pre, chantre Hardy
fils,
chantre
F.X. DUFAUX Profession
:
PRETRE
Inhume
dans
le cimetire proche lÕglise

(1re
glise Notre-Dame)
Note:
Elle
avait 9 enfants et une cinquantaine de petits-enfants dj
maris qui ont d assister aux funrailles. Comme dÕhabitude alors,
lÕofficiant
ne les a pas numrs dans lÕacte.
copie
de
lÕacte original
III.-
Famille
Samuel Papineau
b.- Famille (9 enfants)
et conjoints dont nous verrons la descendance dans le Tome 2.
1-Marguerite 1705-03-23 1758-08-29
Mariage, 1725-08-20
J.-Bte. Perillard dit Bourgignon
2-Catherine 1706-12-12 1730-10-16
Mariage, 1730-10-16
Nicolas Perillard dit Bourgignon
3-Louise 1709-04-28
Mariage, 1725-04-16
Pierre Paradis
4-Franois 1712-05-24
Mariages
1- M. Josephe De Vautour
2- M-Josephe LETOURNEAU
3- Marie ALARIE
5-PIERRE 1714-10-20
Mariage, 1739-06-30
Marie-Josephe Brignon dit Lapierre
6- Jean-Baptiste 1716-11-01
Mariage, Marie-Charlotte Martineau
7- Joseph 1719-03-18 1785-09-08
Mariage, 1749-02-17
M-Joseph Beaudry 1729-03-27 1814-12-18
premier anctre paternel de la ligne politique (et de lÕauteur) n en Nouvelle-France
8- MICHEL 1722-04-16
Mariage, 1753-03-05
M-Anne Sarrault dit Laviolette
9- Jean-Louis 1726-08-25
Mariages
1- M-Joseph Chomelier 1746-04-18
2- Marie
Mandeville
D.- Troupes de la Marine,
1683-1688
recherche
de
Jean Leclerc, s.j.




E.- Cartes
de Montigny et de sa rgion
En France

Dans les Deux-Svres en 1878

Montigny, cartes modernes

Carte Michelin

La Papinire et Montigny en
1765-1768
Selon la carte de Cassini.

Carte Google, satellite,
La Papinire et Montigny par satellite Google en 2010
F.- De
nouvelles donnes prometteuses?
Les guerres de religion fratricides du 17e.
sicle, les destructions par les colonnes infernales pendant les
guerres de
Vende la fin du 18e. sicle, et finalement, le malencontreux
incendie des
Archives dpartementales Niort au dbut du 20e. sicle ont fait que
lÕon nÕa
pas encore, en 2008, trouv les actes de lÕtat civil Š baptme,
mariage,
spulture, - de la famille de Samuel Papineau.
Comme Samuel a qualifi son pre de ŅmarchandÓ,
ce que confirme le moulin--vent de La Papinire sur la carte de
Cassini de
1765, il doit bien aussi exister des actes des notaires dcrivant ses
transactions de biens, de terre, etc.
Or voil que les techniques trs rcentes de la
numrisation informatique nous offrent, par association, des pistes
nouvelles
pour pousser plus loin les recherches.
Noms de personnalits
de la rgion au 17ime sicle ayant
possiblement
des liens avec les Papineau de Montigny en Poitou et
donc aussi avec ceux du Canada.
1.- Blasons DÕHozier, vers
1700, Montigny et LaBoissire
2.- Dossiers aux archives Poitier dÕun
notaire de Bressuire en 1673
3.- Dossier aux archives Poitier du cur
Morin de Montigny vers 1700
4.- Notes et commentaires
1.- DÕHozier, Charles dÕ
(1640-1732).
Armorial gnral de France,
gnralit du Poitou, dress en vertu de lÕdit de 1696 par Charles
DÕHozier. BNF-Gallica, Paris
Liste alphabtique des
rcipiendaires et descriptions de leurs blasons,
Par H.Passier, Clouzot,
Niort,
1887

copie de lÕoriginal
dcrivant les blasons du cur Morin et du secrtaire Bichot, de
Montigny.
(troisime et quatrime)

1.a.- Gilles Papineau,
greffier des rolles, paroisse de La Boissire (prs de Maulon et de
Montigny)
![]()


1.b.- Nol Morin, prtre , cur de la paroisse
de Montigny et
NÉ veuve de N. Bichot, greffier des rolles de
la paroisse de Montigny.


2.- G. Delavau notaire Bressuire en 1673
Archives
dpartementales de la Vienne Poitier
Accueil > Faire
une recherche > Inventaires
en ligne > Tables
des notaires par noms > D > Delavau
Delavau
Notez le groupe de cotes qui vous intresse et reportez-vous
aux rpertoires des notaires.
|
Nom du notaire |
Rsidence de lÕtude |
Cotes |
Priode |
|
Delavau |
Genay |
4 E 80/72 |
1641 |
|
Delavau (G.) |
Bressuire
(Deux-Svres) |
4 E 53/484 |
1673 |
On peut vrifier lÕautenticit de ces blasons en les
comparant avec celui du comte Ē des Dorides Č,
actuel chatelain du Plessis Batard
Montigny qui, comme La Papinire, apparat sur la carte de Cassini de
1765
(deuxime) :

4.- Notes
lÕdit de 1696 de lÕArmorial de France avait
pour but de recenser et policer les titres de noblesse et les armoiries
de
France, y compris les blasons dits Ņde convenanceÓ.
Or, en 1702 des pays europens et lÕAngleterre
ont declar la guerre la France en utilisant le prtexte que Louis
XIV avait
plac son petit-fils Philippe V dÕAnjou sur le trne dÕEspagne.
Pour financer sa dfense, Versailles eut
recours la vente de ces Ņblasons de convenanceÓ, commenant
cinquante
livres pour les gens ordinaires, allant jusquÕ 100 livres pour les
nobles et
les corps constitus.
Pour une description dtaille de LÕArmorial de
France,
(en anglais) :
http://www.crwflags.com/FOTW/FLAGS/fr_armge.html
La slection des rcipiendaires a d aussi
tenir compte de leur zle dnoncer les Huguenots que lÕon
pourchassait suite
la rvocation en 1685 de lÕdit de Nantes qui les avait protgs
depuis sa
promulgation par Henri IV en 1598.
Voici un document de 1701 enregistrant
dans les Armoiries de France lÕoctroi
par brevet dÕun blason É. aprs
paiement des droits:

Blason de Gilles Papineau,
greffier des rolles de la paroisse de La
Boissire prs Maulon et
Montigny.
La tradition orale des Papineau du Canada le
dit frre an de Samuel Papineau (Montigny 1670 - Montral 1737), qui
fut
soldat des Troupes de la Marine en Nouvelle-France en 1688.
Libre aux Papineau dÕaujourdÕhui de sÕen ennorgueillir.
Ņde sable, sem
dÕtoiles dÕor et de billettes dÕargentÓ

1.7.9 Les Papineau
de Niort, qui sont protestants huguenots,
iront Ē au
refuge Č en Angleterre et aux
USA.
Tout aussi satisfaisant en ce printemps
2000 fut de trouver avec lÕaide de
notre amie gnalogiste de Niort, madame Marguerite Morisson, la
filire
complte des anctres de Jean Papineau, ce jeune huguenot qui migra
dÕabord en
Angleterre, puis en Nouvelle-Angleterre la fin du 17e
sicle et
fonda une descendance appele aujourdÕhui aux tats-Unis:
Popenoe
et Poppino.
Nous avions tudi ensemble en 1998 la
compilation exhaustive du Pasteur Rivire intitul: Le
livre dÕor des protestants
du Poitou, relatant le parcours de milliers de personnes.
Y figurait en bonne place pour lÕanne 1699 un
Ē ancien Č
du temple huguenot du nom de Jean Papineau, marchand de Niort, mis
lÕamende
rptition pour refus dÕenvoyer ses nombreux enfants aux offices
catholiques Č.
Aprs deux ans de recherches nous avons trouv
quatre gnrations de Papineau et dcouvert que plusieurs membres de
cette
ligne de Niort avaient trouv refuge en Angleterre.
LÕun dÕeux le calviniste Jean Papineau, n en
1678, tait parti pour la Nouvelle-Angleterre vers 1698. Il y exploita
avec
Gabriel Bernon, un marchand de La Rochelle, et Michel Grignon, une
chamoiserie
New-Oxford, dans le Massachussett.
Ce qui pourrait suggrer que ses trois anctres
toujours identifis comme marchands Niort taient aussi de ce mtier
qui
faisait la renomme de Niort. Il
sÕest mari vers 1700 avec Charlotte Bouniot, un patronyme frquent
Niort et
en Vende.
Ils eurent deux fils, Jean et Pierre, lÕun dÕeux
baptis lÕglise calviniste de New-York. Ils ont donn deux lignes
amricaines, les Poppino et les Popenoe.
Oliver Popenoe de New-York, diplomate amricain
la retraite, a contribu au
succs de ces recherches car il avait dpouill les livres de comptes
de
Gabriel Bernon aux Archives de lÕtat du Rhode-Island Providence.
Voir son site web: http://www.popenoe.com
Avec son autorisation, on peut consulter dans
notre page WEB notre correspondence donnant la liste des actes
retrouvs et un
arbre gnalogique des Papineau de Niort.
Le plaisir de c